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Tome 1, Chapitre 1 Tome 1, Chapitre 1
Bonsoir à tous :). C'est avec un peu de stress que je me décide à publier ce qui devrait être un roman, que je suis en train de relire et peaufiner (toujours, toujours). Je ne suis tellement pas sûre du rythme de l'histoire que du coup, je cherche des avis là-dessus ainsi que sur le fond.
    Si vous remarquez quoi que ce soit qui ne va pas, il faut me le signaler précisément et, si vous vous en sentez capables, de me donner des astuces ou conseils s'il y a besoin.
    Sur ce, bonne lecture.

    
    
    


    
    
    
    Héloïse épongea la sueur qui perlait à son front, puis pénétra dans sa future chambre. Elle laissa son sac de voyage sur son lit, l’ouvrit, et sortit les vêtements et livres qu’il contenait. Deux ou trois jours seraient nécessaires pour que ses autres affaires soient acheminées jusqu’à son nouveau domicile.
    
    Dès qu’elle termina ses tâches, elle s’autorisa à souffler. Immobile au milieu de la pièce, elle s’étira, massa les muscles de son cou pour tenter d’y chasser la douleur qui s’y était logée, puis posa ses mains sur ses hanches. Elle constata que les peintures ne seraient pas à refaire, mais que la chambre devra être nettoyée de fond en comble.
    
    Ses yeux bruns fixèrent un mur sans le voir ; cet après-midi, elle aiderait sa mère à ranger. D’ailleurs, plus vite elle commencerait, mieux elle se porterait même si ce serait astreignant. L’emménagement lui permettrait de s’aérer l’esprit et de se sentir utile. Ses nuits seraient sans doute moins agitées tellement la fatigue pèserait sur ses épaules… du moins, elle l’espérait.
    
    La fin du mois de septembre promettait d’être bien remplie.
    
    Héloïse reprit son sac vide et le fourra dans son placard. Elle fit quelques pas en direction du couloir. Elle éprouvait le besoin de s’adonner à une activité manuelle tout de suite. Voilà trois jours qu’elle était incapable de demeurer en place. Une vraie pile électrique ! Quant à son frère et à sa sœur, tous deux dans l’âge tendre et rebelle de l’adolescence, ils s’absenteraient d’ici une demi-heure pour une virée en ville. Comme ils étaient proches de la ville de Lure, désormais, ce serait plus simple.
    
    Ils ne se préoccupaient pas trop des cartons ni du reste, même si leur mère les obligeait à participer. Héloïse retint un soupir. L’insouciance due à leur jeunesse la rendait nostalgique parfois. Elle ne pouvait plus se permettre de s’y abandonner, parce qu’elle était censée incarner une adulte responsable.
    
    Un tic déforma son visage à cette pensée.
    
    Selon elle, la seule chose qui manquait dans les environs était une compagnie de bus aussi développée que celle du Territoire de Belfort, de Besançon ou de Montbéliard, même s’il y en existait sur Lure ou Vesoul par exemple. Heureusement qu’elle avait le permis. Sa situation serait encore plus critique.
    
    Héloïse se gourmanda. Il n’était pas question de se laisser envahir par ses idées noires !
    
    Elle descendit les escaliers. Un bruit de remue-ménage lui parvint ; il provenait du sous-sol. Elle fronça les sourcils tandis qu’elle s’y dirigeait. Une fois arrivée, elle trouva sa mère et son frère en train de s’échiner sur le chauffe-eau. Elle demanda d’une voix forte :
    
    — Maman, qu’est-ce que vous faites ?
    — Il y a un souci d’eau chaude, je règle ça.
    
    Sa mère se pencha sur le thermostat.
    
    — Martial, ne touche plus à rien. Je crois savoir d’où vient le problème. Héloïse, est-ce que tu peux aller voir si Aline s’en sort avec mamie Margot ? Elles sont dans la pièce à côté du salon...
    — Oui.
    
    Finalement, ça l’arrangeait si sa sœur s’occupait de leur aïeule. Elle pourrait s’affairer à d’autres tâches tout aussi importantes.
    
    Alors qu’elle s’apprêtait à partir, son attention fut attirée par une toile entreposée contre le mur badigeonné d’une vilaine peinture grise et déjà écaillée, qu’une bâche dérobait à peine aux regards. Ah, le précédent locataire l’avait-il oubliée ? La jeune femme haussa les épaules et s’en détourna. Elle se pencherait dessus plus en détail lorsqu’elle en aurait le loisir.
    
    Elle remonta les marches pour revenir au rez-de-chaussée, puis rejoignit sa sœur et sa grand-mère. À quatre-vingt-trois ans, Margot se portait bien, mais il lui était de plus en plus difficile d’accomplir seule ses activités quotidiennes. Héloïse se chargerait d’elle la plupart du temps.
    Toutefois, ce serait sa mère qui effectuerait les tâches trop délicates, comme elle exerçait le métier d’aide à domicile.
    
    Elle se contenta d’observer dans l’entrebâillement de la porte. Une adolescente à la courte crinière noire et aux yeux verts discutait avec une vieille femme dont les cheveux blancs étaient coupés au carré. Bien, Margot était installée, Aline n’avait pas besoin d’elle. Héloïse soupira, s’éloigna, puis fixa l’heure sur son smartphone. Dix-huit heures dix. C’était l’occasion de faire les courses pour ce soir. De plus, la chaleur serait moindre. Le frigo n’était pas encore branché, donc elle achèterait des plats à réchauffer au micro-ondes.
    
    Sans sa mère, qui était assez tatillonne, elle ne pouvait pas continuer à déballer les cartons pour ranger leur contenu. Elles s’en chargeraient après le dîner.
    
    — Maman, je vais nous chercher à manger !
    
    Elle n’attendit pas sa réponse et quitta les lieux d’un pas rapide.
    
    
    
***

    
    
    Le début du mois d’octobre accueillait les vestiges d’un bel été indien. Les pas d’Héloïse la conduisirent jusqu’à l’entrée du verger. Le crépuscule était dévoré petit à petit par les étoiles. D’un geste paresseux, elle massait son ventre douloureux à cause du repas – elle avait trop mangé. Bientôt, elle arriva devant un cerisier dont les feuilles commençaient tout juste à jaunir, bien que l’automne flamboyant ne tarderait pas à céder place à l’hiver dépouillé. Un fait curieux.
    
    Silencieuse, elle s’adossa contre le tronc et ferma les yeux. Une brise fraîche caressait ses pommettes et son front, qui n’étaient pas épargnés par la transpiration. Elle appréciait ces instants où elle se recentrait sur elle-même dans la quiétude. Distraitement, elle passa une main dans ses cheveux châtain clair. Elle les avait coupés court une semaine plus tôt. Par moments, ils dévoilaient des reflets blonds ; sinon, ils semblaient avoir été frottés dans la poussière.
    
    Leur nouvelle maison était vraiment idéale, et l’existence d’un tel coin de verdure n’était pas pour lui déplaire. Avec sa mère, elle avait peiné avant de tomber sur la perle rare, étant donné que la majorité des propriétaires cherchaient des locataires en couple, avec un salaire dépassant trois fois le loyer, quand ils n’exposaient pas d’autres prérequis absurdes et irréalisables !
    
    Demain serait une grosse journée. La jeune femme plissa le front. Bien qu’elle n’aime guère s’enfermer dans un carcan, il lui faudrait faire preuve d’un minimum de rigueur et la planifier si elle voulait être sûre de ne rien oublier. Un trait de caractère qu’elle s’efforçait de masquer au quotidien.
    
    Ses pensées vagabondèrent vers des horizons plus accueillants. Ces derniers mois, elle avait consacré très peu de temps aux loisirs. Peut-être devrait-elle s’y adonner pour décompresser. Sinon, elle risquait de devenir folle...
    
    En proie à une profonde réflexion, Héloïse se rongea l’ongle du pouce. Elle adorait les jeux vidéo de type action-RPG et d’aventure, surtout ceux qualifiés de « rétro ». Elle ne suivait pas tellement les nouveautés. Il s’agissait d’une distraction comme d’une autre, non ? Qu’importe l’âge, il ne s’agissait pas d’une diablerie à ses yeux ! Elle ne jouait pas non plus sur ordinateur, même avec une manette adaptée.
    
    Oui, elle s’y replongerait ce soir, avec Final Fantasy II (1). Elle ne l’avait pas terminé en plus ; par contre, il était probable qu’elle recommence tout depuis le début...
    
    — Héloïse ?
    
    Celle-ci grimaça et se releva en se massant le bas des reins. Quelques minutes plus tard, elle vit Aline venir vers elle avec un bol rempli de framboises jaunes.
    
    — Tiens, je t’apporte ta part.
    — Merci.
    — Maman m’a dit de te dire qu’il faudra aider mamie à prendre sa douche.
    — Ne t’inquiète pas, je m’en occupe. Après tout, je suis là pour ça, non ?
    
    La jeune fille de quatorze ans se contenta de répondre :
    
    — Mouais.
    
    Elle lui tourna le dos et s’empressa de rentrer sans remarquer l’air triste d’Héloïse, qui baissa la tête. Aline lui en voulait et avait honte d’elle, à cause de sa situation actuelle. À vingt-huit ans, elle ne devrait pas revenir vivre chez sa mère, mais voler de ses propres ailes, maîtriser son existence, travailler pour gagner sa vie…
    
    Les adolescents, parfois, ne pardonnaient pas quand ils se sentaient incompris et malheureux.
    
    Elle se décida à se relever en époussetant son pantalon. Elle comptait se rendre au sous-sol pour examiner le tableau sous la bâche. Voilà deux semaines qu’ils avaient emménagé, et elle n’avait toujours pas pu le faire.
    
    Une fois devant la porte, Héloïse actionna l’interrupteur et descendit avec prudence. Quand elle fut face à l’objet de ses attentions, elle retira le plastique opaque avec précaution pour éviter de respirer de la poussière. Il glissa avec un bruit de papier froissé.
    
    La jeune femme se figea devant la toile. Elle représentait un paysage familier : le cerisier du jardin ! Fascinée, elle posa les doigts dessus. De la peinture à l’huile. L’arbre se dressait avec noblesse et vitalité, aussi beau que dans la réalité. Ses fleurs pâles paraissaient sculptées dans la robe des nuages. Le tout dégageait une atmosphère assez délicate, romanesque…
    
    Héloïse secoua la tête. Où allaient se perdre ses pensées ? Elle devait être fatiguée.
    
    Pourtant, ses doigts continuaient de courir sur les reliefs, puis sur le cadre en bois rouge bordeaux. Le cerisier l’apaisait – ces derniers temps, elle était très prompte à se juger et s’autoflageller. D’après sa mère, elle n’était pas à prendre avec des pincettes et ses nerfs étaient à fleur de peau. Cependant, vu sa situation pénible, c’était compréhensible !
    
    Une toile pareille ne méritait pas d’être abandonnée dans une cave, mais d’être accrochée dans la maison.
    
    Héloïse ferma les yeux et recula pour remonter à regret, tout en songeant au cerisier. Peut-être qu’un dieu ou une déesse japonaise y avaient élu domicile naguère. Elle se morigéna. Voilà que son esprit repartait vers des rivages un peu trop fantasques…
    
    Lorsqu’elle franchit la porte du salon, elle constata que sa mère s’était couchée la première. Avachie dans un fauteuil, Aline lisait ; Martial écoutait de la musique sur le canapé, et Margot regardait la télé dans sa chambre. La jeune femme pouvait entendre le son. Elle étouffa un bâillement et décida d’aller dormir.
    
    Après un rapide tour à la salle de bains pour se laver et se mettre en pyjama, elle se dirigea vers son lit et s’y effondra. Elle vérifia seulement après que sa fenêtre était entrebâillée. Rassurée, elle se roula en boule sous les draps et plongea dans les bras de Morphée.
    
    

    

    
    
    (1) Jeu vidéo de rôle, développé par Square Co., Ltd., sorti sur Famicom (NES) en 1988 au Japon, et adapté sur PSP en 2008.

Texte publié par Aislune Séidirey, 13 mai 2018 à 20h00
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