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Tome 2, Prologue Tome 2, Prologue
Guten Morgen (bon matin), vous êtes sur Berlin Confidential la radio, qui sait tout et balançe tout, mais pas gratuitement.
    
    Pour preuve le bulletin d’information après cette annonce publicitaire.
    
    Insécurité, agression, meurtre. Quelqu’un ne se réveillera jamais demain-matin à Berlin. Peut-être que se sera vous !
    
    Ne subissez plus. La société Marxmen équipe les forces de l’ordre depuis vingt ans. Alors pourquoi pas vous ? Avec une arme de la marque Marxmen, vous pourrez enfin marcher dans les rues sans inquiétude.
    
    Dites non à la peur ! Dites oui à Marxmen !

    
    
    Le matin se levait sur la falkhaus du dix-huit. Tiens au fait pourquoi s’agissait-il de la falkhaus ? Chaque secteur était censé en contenir deux ou trois.
    
    L’autre falkhaus du dix-huit avait été victime il y a quelques années d’un attentat assez violent. Le budget nécessaire à sa reconstruction tardant à venir, le bâtiment avait été recyclé en caserne de l’armée. Elle ne souffrait visiblement pas de problème de trésorerie, la petite chanceuse.
    
    La falkhaus survivante se situait en quelque sorte en territoire ennemi. Par conséquent on se serait attendu à endroit retranché, limite avec des miradors. Or des gamins jouaient au ballon, et des vieux allongés dans des chaises longues s’adonnaient à des jeux de cartes sur une table de camping. Il aurait peut-être fallu les virer. Mais où seraient-ils allées ? Subsistait-il un autre endroit aussi sûr dans le secteur ?
    
    Un centre aéré, voilà à quoi en était réduit le quartier général de la police. Après l’extérieur passons à l’intérieur. Le bâtiment à l’origine était un centre commercial. L’endroit avait donc hérité de couleurs blanches reposantes, et d’un agréable éclairage naturel par le biais des baies vitrées placées en hauteur. Celà n’empêchait pas les pensées sinistres.
    
    Par exemple cet employé du u-bahn (métro) faisant la queue à l’accueil au sujet d’un cambriolage. Juste derrière l’attendait la salle de la main courante où un falkampft enregistrerait sa plainte, qui ne déboucherait sur rien. L’employé en savait quelque chose. Il en était à sa troisième fois. Comme au boulot il se contentait de suivre la consigne sans y croire vraiment.
    
    Quelques cloisons plus loin dans le vestiaire masculin un sergent-chef rangeait son uniforme, tout en se demandant s’il trouverait le sommeil. Même mort le kriminal qu’il avait traqué toute la nuit, continuait de le hanter.
    
    Un étage plus bas dans les cellules un type dérouillait. Il avait juste besoin de cuver un peu de mauvais alcool. Malheureusement c’était un danish. Et la nuit dernière quelques uns de ses compatriotes avaient envoyé un falkampft à la morgue et un autre en soins intensifs. Alors leurs collègues équilibraient les scores à leur manière.
    
    Ainsi chaque pièce contenait son lot d’histoires. La nôtre débutait dans la salle de réunion. Elle faisait penser à une salle de classe. Il y avait un tableau, des chaises, une affiche de style éducatif : « Une police forte pour la justice et la liberté. ».
    
    Parmi tous ces sous-officiers, on trouvait les bons élèves attendant sagement comme Gurvan « Hitman » Hans, les éternels bavards comme Juliette « Pie » Nemours, les turbulants comme Ramon « Teigne » Perez...
    
    Puis l’instituteur arriva. Le lieutenant du jour était François Marnier. Ce francien à la cinquantaine bedonnante incarnait le branleur intégral. On ne pouvait attendre de lui aucune implication ou initiative. Pourtant il n’était pas détesté. Sa retraite était si proche, et son vécu si lourd. Qui n’aurait pas laissé tomber à sa place ?
    
    Alors on faisait avec à l’instar de la koffemachin. La machine désignée sous ce sobriquet sortait à tout juste une fois sur deux une rasade complète de café dégueulasse. Mais comme on avait rien d’autre...
    
    Le lieutenant débuta le briefing du jour avec son style si particulier :
    
    « Bonjour mesdames et messieurs. Pour ne rien changer, c’est une journée de merde qui s’annonce.
    A Reinickendorf les petits merdeux du gang de scarehard tentent une percée dans les quartiers ouest. Aux heureux élus postés aujourd’hui à la frontière entre les territoires des danishs et des oslaves, je conseille donc de ne pas jouer pas les héros. Au moindre coup de feu on appelle tout de suite du renfort.
    Beaucoup de scars trainent dans le sud de la ville, et foutent la merde. Alors si vous trouvez un prétexte pour en embarquer quelques uns, ne vous gênez pas... »
    
    Parmi les rares à suivre attentivement ce monologue cynique et monotone, se trouvait le sergent Oswald Seiburg. Il rentrait dans la catégorie peu envieuse des fayots. Surnommé Trois-pièces à cause de ses complets le rendant repérable à des kilomètres lors des opérations de couverture, Oswald présentait toujours un uniforme impeccable, un bureau impeccable, une arme impeccable, et un travail.... passable.
    
    En observateur attentif du comportement de ses supérieurs hiérarchiques il savait qu’en fin de discourt, viendraient les attribuations des nouvelles affaires. Et après tant de léchages de cul, il espérait enfin hériter d’une enquête conséquente. Une fois cette partie du briefing atteinte, Marnier le cita en premier. C’était bon signe. Peut-être même allait-il enfin intégrer l’équipe régulière d’un inspecteur ?
    
    « Oswald et Juliette. Il y a une recrudescence de canulars téléphoniques au standard. Vous vous en chargez. »
    
    Tu parlais d’une affaire criminelle. Et en plus Oswald devait se supporter la pipelette de service. Franchement il n’y avait pas de justice. Histoire d’enfoncer le clou juste après l’équipe de Hassim et Jansen fut réclamée par un inspecteur, un réputé en plus.
    
    Décidément cette falkhaus fonctionnait n’importe comment. Voilà qu’on refilait les meilleurs plans aux parias. Jansen dit Fest (dur) était un adepte peu discret des méthodes brutales. D’ailleurs le renvoi disciplinaire planait dangereusement au-dessus de sa tête.
    
    Quant à Hassim son prénom expliquait les raisons du rejet, qu’il subissait au sein de la confrérie policière. On ne lui avait même pas attribué de surnom. En fait si mais on en n’usait pas en sa présence. Par conséquent ces sergents se situaient dans une sorte de fin de carrière anticipée, le genre auxquels logiquement on confie le moins de responsabilités possible.
    
    Dès que Trois-pièces se leva de sa chaise, la torture orale de sa coéquipière du moment débuta.
    
    « Shirley la blonde du standard ..... aventure avec le lieutenant Upshaw... surpris dans bureau par.... parait qu’il boit...»
    
    Maitre dans l’art de feindre l’intérêt face à n’importe quel discourt, Oswald tint honorablement le coup jusqu’au central. Les appels téléphoniques, les transmissions par radio aux falkampfts, et la surveillance vidéo, tous ces services avaient été réunit dans cette seule pièce histoire d’économiser en branchements et installations divers.
    
    Le tout donnait un véritable cauchemar pour quiconque dépassait un mètre cinquante. Car on pouvait à peine bouger une fois à l’intérieur. A vrai dire au milieu cet enchevêtrement de fils, d’écran, et de boutons, l’humain semblait être au mieux un accessoire parmi les autres au pire un intrus. A peine arrivée Pie déversa sa frénésie parolière sur une standardiste. De son côté Trois-pièces s’adressa à un des koss de service afin d’obtenir les différents éléments nécessaires (rapport d’appel...).
    
    Une fois ces deux tâches menées à bien, Juliette s’éclipsa pour « vérifier quelque chose ». Son coéquipier ne la retint pas. Entre son chignon mal fait, son énorme poitrine débordant grossièrement de son uniforme, et son manque flagrant de sérieux, comment osait-elle se prétendre une falkampft ? Et en plus elle était sergent-chef et par conséquent dirigeait cette affaire.
    
    Qu’elle tire au flanc si cela l’amusait. Oswald s’en sortiraient mieux seul. Il s’installa alors à ce qu’il surnommait son havre de paix. L’appellation pouvait paraitre déconcertante au sujet de ces open spaces serrés, bruyants, et mal aérés.
    
    Sauf que grâce aux soins incessants de Trois-pièces, son bureau était le seul endroit échappant à toute cette crasse, ces mauvaises conceptions, et ce désordre inhérents à la falkhaus. Le falkampft disposa soigneusement les différents éléments, puis commença à les étudier.
    
    Tout d’abord il y avait les rapports d’appel. Habituellement la falkhaus recevait de temps à autre des appels bidons avec au minimum deux semaines d’écart. Là quatre s’étaient produit la même semaine à partir de cabines téléphoniques.
    
    Lundi à 9h02 une voix masculine avec l’accent swedish (suèdois) signalant une agression envers une femme dans l’est.
    
    Mercredi à 15h30 une voix masculine avec l’accent briton (britanique) signalant le braquage d’une épicerie dans le centre.
    
    Jeudi à 10h40 une voix masculine avec l’accent médis oriental (italien) signalant un début d’incendie à la frontière du secteur 22.
    
    Samedi à 19h30 une voix masculine avec l’accent turkish (turc) signalant des habitants de la cité Rorschach faisant le mur.
    
    Les lieux, les accents, les horaires, rien ne collait dans les différents cas. Cette augmentation soudaine des fausses alerte n’était donc qu’une coïncidence. Ces foutes bonnes femmes du standard avaient flippé pour rien. Qu’importe Trois-pièces ferait tout même son travail jusqu’au bout. Il avait le sens du devoir lui !
    
    Il enchaina sur les rapports des interventions ayant suivi les appels bidons. Il n’y avait pas grand chose à dire. Comme l’expliquait l’un des falkampfts concernés dans son papier (probablement tapé à deux doigts), « L’agent a constaté, qu’il n’y avait rien à constater ».
    
    Malgré leur total absence d’intérêt, Oswald les lut attentivement. Évidemment aucun indice, ni piste finit par apparaitre. Et leur lecteur lui-même s’en doutait.
    
    Soudain l’arrivée tonitruante de Pie se fit.
    
    « Trois-pièces j’ai dégoté un truc intéressant. »
    
    Comme si sa voix forte et ses familiarités ne suffisaient pas, elle osa en plus poser une main sur le bureau sanctifié de son collègue. Décidément il ne l’aurait jamais à la bonne.
    
    « L’analyse vocale des enregistrements. »
    
    Comment avait-elle obtenue cela en un peu moins d’une heure ? Juliette lisant l’étonnant chez Oswald, lui répondit avant même qu’il ne formule la question.
    
    « Manfred le nouveau falkdoktor, il en pince pour Yoanna la standardiste étudiante en psy. Alors... »
    
    Même s’il n’était pas particulièrement vif d’esprit, Trois-pièces saisit l’essentiel de l’histoire. Par conséquent il abrégea :
    
    « Et ça donne quoi ? »
    
    Curieusement Pie ne fut pas tellement contrariée d’être interrompu dans son histoire. Elle avait plus intéressant en réserve.
    
    « Les appels ont été passé par un seul et même homme. »
    
    A l’air malicieux et satisfait de la falkampft, s’opposa celui écœuré d’Oswald. Une affaire minable et tordue. Exactement ce qu’il détestait.

Texte publié par Jules Famas, 9 juillet 2018 à 07h49
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