Pourquoi vous inscrire ?
«
»
Tome 1, Epilogue Tome 1, Epilogue
La nuit touche à sa fin chers auditeurs. Était-elle mieux au pire que les autres ? En tous cas elle fut bien remplie. Quant à moi je vous attends la nuit prochaine, du moins ceux qui ont survécus.
    
    
    Malgré le chaos ambiant des règles subsistaient dans le secteur dix-huit comme le statut officieux de l’hôpital central. Il constituait une sorte de zone neutre. Certes l’endroit n’était pas exempt de violence. Des drogués y faisaient leur crise. Des vagabonds y volaient ça et là. Mais aucune organisation criminelle n’y tentait quoique se soit. Même le pire des gang-bangers avait besoin d’un endroit où ses proches puissent accoucher, être opéré...
    
    C’est pourquoi cette femme arpentait le plus sereinement du monde les couloirs de cet établissement en cette fin de matinée. Hélas sa confiance était mal placée. Si les agresseurs et braqueurs divers n’étaient pas à craindre, les gros lourds eux répondaient toujours présents.
    
    Le représentant de cette dernière catégorie, était vêtu d’une blouse blanche avec marquée docteur dessus. Ne jugeant pas cela assez clair le monsieur portait un stéthoscope bien en évidence autour du coup. Normalement on le mettait dans sa poche. C’était plus sûr.
    
    D’abord il observa la visiteuse. Physiquement elle était en quelque sorte l’antithèse de Waits : toute en formes voluptueuses. Ce corps était surmonté par un visage allongé aux traits fins ainsi qu’une longue chevelure blonde. A vue de nez elle faisait la trentaine.
    
    Bien qu’un peu âgée le docteur la jugea digne de son intérêt, se rapprocha, puis ouvrit la bouche :
    
    « Vous avez besoin d’aide mademoiselle ? »
    
    La question paraissait innocente à première vue, l’hôpital étant un véritable labyrinthe. Sauf que Nathalia lue facilement dans le regard de son interlocuteur :
    
    « Je veux te niquer. »
    
    Bien qu’elle soit du genre à savoir se défendre, la femme se contenta d’un simple « non, merci. » légèrement cassant. Ce qui suffit. Comme quoi il ne faut pas totalement désespérer de la nature humaine.
    
    Une fois parvenue devant la bonne porte Nathalia frappa par habitude, puis ouvrit sans attendre de réponse. Après tout elle pénétrait chez un vieil ami. Le vieil ami en question ne se leva pas pour l’accueillir. A cause de son état il dû se contenter juste d’un salut de la main de son lit pour accompagner ses mots :
    
    « Bonjour lieutenant Shultz. »
    
     « Arrêtes tes conneries Lazare. Je ne suis pas en service. Et toi non plus d’ailleurs. »
    
    « Alors pourquoi vous emmerdez-vous à visiter la piétaille ? »
    
    Il s’agissait d’une sorte de blague entre eux.
    
    Lazare avait connu Nathalia à ses débuts, et vu monter un à un les échelons. Par conséquent il était en mesure de se permettre ce genre de familiarité.
    
    « Et ta nouvelle colonne vertébrale ? » Enchaina la lieutenant.
    
    « Elle se met en place. » Expliqua brièvement Lazare, que toute cette science médicale dépassait.
    
    En cette fin de siècle la médecine était un des rares domaines à avoir connu un véritable progrès. Désormais on clonait, et greffait facilement la plupart des composantes du corps humain. Toutefois facilement ne voulait pas dire gratuitement. Le kommissar Koenig avait dû tirer pas mal de ficelle afin que son subordonné bénéficie de ce traitement.
    
    Lazare méritait bien son surnom d’avoir été (à peine) en vie après sa chute, contrairement à son malheureux coéquipier.
    
    Nathalia se contenta d’un hochement de satisfaction à l’annonce de la nouvelle. De son côté Lazare décela quelque chose derrière. Pourtant il n’était en rien un enquêteur. Sinon il ne serait pas toujours koss-chef malgré tant d’années de service. Ce vétéran était bon sur le terrain et rien d’autre, et l’acceptait avec une résignation désarmante.
    
    Ce n’est que grâce à leur familiarité que Lazare perçut le ressentiment chez sa supérieure.
    
    « Et...» Se contenta-t-il de dire.
    
    « Et j’ai intercepté ça au courrier. » Suivit Nathalia en sortant une enveloppe.
    
    Le mauvais enquêteur comprit, qu’il s’agissait de sa lettre de démission. Jonglant entre camaraderie et autorité Nathalia était une excellente diplomate, et avait su se tisser son réseau au sein de la falkhaus. Par conséquent rien n’échappait à ses multiples oreilles.
    
    Le vieux falkampft répondit à la question suivante avant même qu’elle ne soit formulée.
    
    « J’ai merdé. Je ne suis plus à la hauteur. »
    
    « Ce sont des choses, qui arrivent surtout ici. La même nuit deux membres du GIF ont été gravement blessés. Et puis tu t’es brillamment défendu. D’après ce que j’ai su, t’as laissé plusieurs deuzs sur le carreau. »
    
    « Et un coéquipier aussi. » Répliqua froidement Lazare.
    
    Ce n’était pas si exceptionnel. Malgré tout il le disait comme si c’était le cas. La lieutenant commença alors à comprendre.
    
    « Que s’est-il passé avec lui ? » Demanda-t-elle cette fois-ci comme un ordre.
    
    On ne se débarrasse pas facilement d’une discipline et d’un sens hiérarchique inculqués en vous durant tant d’années. Par conséquent Lazare ne put se retenir de répondre au moins indirectement :
    
    « Pourquoi le bleu est mort sur le coup contrairement à moi ? On a chuté de la même hauteur, et je suis plus lourd. »
    
    « Il est peut-être tombé en position verticale, et offrait moins de prise au vent. »
    
    La réponse tenait la route, mais ce n’était pas celle que le falkampft espérait. Comme il aurait aimé ne pas avoir à révéler lui-même la vérité. Les mots sortirent alors péniblement un à un de sa bouche.
    
    « Il était à l’horizontal. Je l’ai maintenu ainsi devant moi. J’espérais, qu’il amortirait ma chute, et peut-être me permettrait de survivre. Hélas j’avais raison. »
    
    Qu’est-ce que la lieutenant pouvait ajouter ? Le si réputé instinct de survie de Lazare avait prit les commandes. N’était-ce pas normal dans ce genre de situation ? Ça n’empêchait pas la culpabilité de faire son office.
    
    Suivi un court silence, jusqu’à ce que Nathalia reprenne l’enveloppe, et quitte la pièce achevant ainsi l’hécatombe de cette maudite nuit.

Texte publié par Jules Famas, 30 juin 2018 à 10h40
© tous droits réservés.
Commentaire & partage
Consulter les commentaires
Pour réagir â ce chapitre et poster une review, veuillez vous identifier ou vous inscrire !
«
»
Tome 1, Epilogue Tome 1, Epilogue
LeConteur.fr Qui sommes-nous ? Nous contacter Statistiques
Découvrir
Romans & nouvelles
Fanfictions & oneshot
Poèmes
Foire aux questions
Présentation & Mentions légales
Conditions Générales d'Utilisation
Partenaires
Nous contacter
Espace professionnels
Un bug à signaler ?
1058 histoires publiées
505 membres inscrits
Notre membre le plus récent est St Seb
LeConteur.fr 2013-2018 © Tous droits réservés