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Tome 1, Chapitre 2 Tome 1, Chapitre 2
« Ich bin ein Berliner » Quelqu’un a dit cette phrase à un micro, au milieu d’une foule, et en étant filmé.
    
    De nos jours quand quelqu’un dit çà il est sûr de ne pas avoir le job ou la fille convoitée.
    
    Vous vous dites peut-être que l’auteur de ces mots ne devait pas avoir toute sa tête. En fait ce fut le cas quelques mois plus tard.
    
    Si vous voulez plus de précisions à son sujet ne comptez pas sur moi. Ouvrez un livre d’histoire. Ça me fera plaisir. C’est que je tiens à votre culture mes chers auditeurs.

    
    
    Une petite ruelle mal éclairée, une impasse, une maison à l’abandon… Non rien de cela. Le cadavre gisait au milieu du trottoir d’une rue passante avec à première vue seulement une balle dans la tête.
    
    Quelques badauds s’étaient rassemblés autour de la scène de crime sans grande conviction. Par contre il ne fallait pas compter sur les vautours de la chaine kriminal kanal. Un unique mort encore en un seul morceau, ça ne méritait pas le déplacement.
    
    Quant aux falkampfts ils eurent droits comme accueil à la pire des insultes : l’indifférence.
    
    En effet les passants leurs accordèrent à peine un regard. Ils semblaient dire :
    « On n’espère plus rien de vous. »
    
    Poe ne se démonta pas grâce à sa bonne vieille méthode des fondamentaux. Il fit reculer les gens, et établit un périmètre de sécurité avec l’aide de ses subordonnés.
    
    A peine cette tâche entamée le fourgon des falkdoktors (policiers scientifiques) apparut. Ce n’était ni une coïncidence, ni une excellente synchronisation.
    
    En fait les occupants du véhicule étaient déjà arrivés depuis un certain temps. Simplement ils attendaient que leur sécurité soit garantie.
    
    Waits se chargea de l’accueil, puisque son chef d’équipe était en pleine discussion avec un phénomène rare : une vieille femme tellement au bout du rouleau qu’elle avait averti la police au sujet du meurtre, et en plus l’avouait devant tout le monde.
    
    « Salut les branfuch (bizuth, surnom des falkdoktors) ! »
    
    « Salut la merdeuse. » Répliqua une voix fantomatique.
    
    La falkampft reconnut immédiatement Gunther, comme beaucoup de ses confrères l’auraient fait à sa place, tant son visage était connu.
    
    Même s’ils n’étaient que très rarement exposés aux situations violentes, les falkdoktors du fait de leur charge énorme de travail, défilaient beaucoup dans le dix-huit. Gunther était l’exception. Ce criminaliste assurait les absences au pied levé, se démerdait avec du matos usé jusqu’à la corde…
    
    En résumé il savait tout faire et était partout à la fois, à l’instar du dieu de la science policière, qu’il était. Il s’amena comme toujours débraillé et suant le metakoffe (sorte de café aux amphétamines pour lutter contre le sommeil) par tous les pores de sa peau.
    
    Derrière lui suivait un petit jeune empoté, dont le terme de branfuch semblait avoir été inventé en son honneur.
    
    Gunther tout en marchant dégaina son kameranimus (appareil photo miniature de dotation des falkdoktors), et se mit à mitrailler sans grande finisse la scène crime. Entre son instinct et le nombre de clichés, il y aurait bien des images valables.
    
    « Siegfried ! » Dit-il l’attention de son apprenti.
    
    « C’est Manfred. »
    
    « Si tu veux. Tu me ramasses la douille là juste au bord du trottoir. Ensuite tu me décharges le brancard à macchabée. »
    
    Waits suivi le criminaliste dans son inspection du cadavre. Elle adorait le voir travailler. C’était un paradoxe vivant. C’est tout juste si ce falkdokor ne pissait pas sur les scènes de crime, tout en parvenant à y dégoter des indices.
    
    De toute façon même un branleur comme Flush était capable de contenir les quelques passants à lui seul.
    
    « Bon on a une balle dans la tempe à courte distance à vue de nez. » Dit le criminaliste en examinant le cadavre bedonnant aux traits tirés. «  Le projectile est encore à l’intérieur du crâne. Le légiste se chargera de l’extraire. »
    
    Multitâche Gunther tout en effectuant cette première analyse, avait enfilé ses gants d’examen. Il tâta çà et là le défunt et en extirpa le portefeuille.
    
    « Visiblement on ne lui a pas tiré son pognon. »
    
    Cette information troubla quelque peu Waits. Visiblement le mort tenait plus du pochtron de base que du gangster. Ce qui excluait un règlement de compte. Alors s’il n’y avait pas eu vol, qu’est-ce qu’il restait ? On tuait pour pas grande chose dans le coin, mais jamais pour rien.
    
    De son côté le criminaliste poursuivit.
    
    « Notre client se nomme Kurt Manger, et est âgé de 53 ans. »
    
    « 53 ans ! » S’exclama la falkampft en regardant encore la silhouette flasque allongée sur le trottoir. «  C’est plus un meurtre. C’est de l’euthanasie. »
    
    Soudain l’autre falkdoktor interrompit la séance d’humour macabre.
    
    « Le falk là-bas trouve cette douille bizarre. » Dit-il en agitant un petit sachet plastique au nez de son chef.
    
    Pas contrariant Gunther zooma sur la pièce à conviction avec son kameranimus. Comme à son habitude la tâche fut vite faite voir bâclée. Et encore comme à son habitude il trouva un indice.
    
    « Faudra que je vérifie au labo. Mais cette douille m’a l’air d’origine ursienne. »
    
    Comment une arme en provenance d’URSIA, s’était-elle frayée un chemin jusqu’ici ? Toutefois une autre question l’emporta dans la tête de Waits : allait-il pleuvoir de la merde ?
    
    Flush le fumiste intégral avait remarqué une anomalie sur un objet, qu’un autre ramassait à côté de lui.
    
    Quant à Poe il resta plus fidèle à son comportement. Il regarda la scène de crime toujours avec son attirance glauque dans le regard, puis s’adressa à Waits.
    
    « Il n’y a pas de témoin du meurtre. Des gens ont juste entendu un coup de feu. Par contre le mort trainait souvent dans un bistrot de la rue en parallèle. Comme il est encore ouvert je vais y jeter un œil. Tu peux te charger de la suite ? »
    
    Il ne restait plus qu’à regarder les criminalistes finir. Poe ne s’éloignait pas trop, et était assez prudent pour appeler à l’aide au moindre signe de danger. Alors si ça lui faisait plaisir d’aller fouiner un peu, pourquoi le contrarier ?
    
    Car il ne s’agissait que de cela : une distraction. Lendemain matin un inspecteur reprendrait l’affaire sans leur en laisser une miette. Tel était le lot des équipes d’investigation de nuit.
    
    

    **************

    
    
    Quels genres de bars étaient-ils encore ouverts si tard ? Les louches et les fauchés.
    
    Au vue de l’absence de réaction face à l’arrivée d’un uniforme falkampft, l’établissement entrait dans la seconde catégorie.
    
    C’était un bistrot décrépit et à l’éclairage poussif. Les quelques clients disséminés çà et là, paraissaient avoir fusionnés avec leurs sièges. D’ailleurs ils paraissaient être devenus comme eux, des meubles.
    
    Poe se dirigea d’emblée vers la seule véritable trace de vie : la femme s’occupant du bar. Cette brune quadragénaire aurait pu être ordinaire sans son incroyable minceur, à laquelle elle devait ses joues creuses et ses bras squelettiques. Sa tenue vestimentaire n’arrangeait rien : un vieux jeans, et un débardeur trop ample. Le genre de vêtement qu’on porte chez soi, pour se sentir à l’aise.
    
    Poe ne s’en formalisa pas. Il avait vu des looks bien plus improbables depuis son arrivée dans le secteur dix-huit.
    
    Il évita le « Sergent-chef Bröhm, division falkampft. » trop formaliste au profit d’un simple « Bonsoir. » suivi de « J'ai des questions à vous poser sur un certain Kurt Manger. »
    
    « Ah c’était pour lui la sirène à côté. » Dit à son tour la femme avec une familiarité désarmante dans la voix.
    
    Le falkampft décida alors de s’adapter, et fit de même.
    
    « Ouais, c’est çà. Il venait souvent boire chez vous ? »
    
    « Il habitait pratiquement ici. »
    
    En fait cette phrase s’appliquait surtout à elle. Quoiqu’il en soit la technique de rapprochement de Poe porta ses fruits. La tenancière déballa tout, c’est-à-dire pas grand-chose. Il faut dire que Kurt n’était pas d’un naturel causant. Entre les grognements le défunt avait précisé, qu’il vivait d’une sorte pension. Sinon il buvait dans son coin sans causer à personne.
    
    Encore un coup d’épée dans l’eau ? En fait non. La barmaid disposait d’un fait troublant en réserve. Pour son dernier soir exceptionnellement Kurt avait eu de la compagnie. Compagnie avec qui il était partit juste avant de mourir.
    
    On tenait un suspect ! Pas vraiment. Un homme de race blanche, brun, d’une vingtaine d’année, et inconnu dans le quartier. La tenancière n’était capable de fournir plus. A sa défense le suspect ne s’était pas tellement dévoilé. Il était demeuré collé à Kurt toute la soirée à enchainer les verres. Et comble de la malchance, il avait payé l’addition en liquide. Donc adieu la traçabilité bancaire.
    
    Ce n’était pas foutu pour autant. Il était possible de dresser un portrait-robot du suspect, et de le comparer par exemple avec les fichiers des kriminals. Sans oublier que les analyses des différents éléments trouvés sur la scène de crime et l’autopsie, fourniraient probablement de nouveaux renseignements. Sauf que tous cela se ferait le lendemain-matin.
    
    La distraction de Poe allait-elle s’arrêter là ?

Texte publié par Jules Famas, 19 mai 2018 à 10h05
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