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Tome 1, Chapitre 1 Tome 1, Chapitre 1
Le langage est souvent cru. C'est une vieille nouvelle que je reprends, donc si vous avez des remarques pour l'améliorer, je suis toute ouïe. Le format court des chapitres est dû au défi du chaudron.
    
    
    La première chose que je découvris en ouvrant les paupières fut ce mur en briques grises, bien différent du joli papier peint de ma chambre dans laquelle je me trouvais il y a quelques heures à peine. La vue de ma fenêtre sur une partie du bassin parisien avait laissé place à une cave délabrée où la lumière du jour peinait à passer.
    
    Bordel de merde.

    
    Ce décor était d’un glauque sans nom. On m’avait allongé sur un lit à la couverture miteuse. Malgré l’absence de fenêtres et la probable localisation de la pièce dans un sous-sol, une chaleur pesante m’étouffait. Si je ne m’étais pas pincée, j’aurais cru nager en plein cauchemar.
    
    Pire encore, mon petit ami, avec lequel je venais de me disputer, avait disparu. Mon cerveau sortit de sa torpeur et m’envoya une décharge d’adrénaline dans le corps. Peu importe le pourquoi du comment, cette situation était anormale.
    
    Mes craintes se confirmèrent aussitôt : la porte était verrouillée. Je donnais de violents coups de pieds et poussai un hurlement pour alerter quelqu’un. Je ne parvenais pas à réfléchir, la seule chose que je voulais, c’était sortir de ce merdier. Hélas, ma gorge me fit rapidement mal à m’égosiller comme un animal. Je renonçais à hurler et cherchais plutôt de quoi crocheter la serrure.
    
    Des milliers de questions bouillonnaient dans mon esprit. Je ne comprenais rien à ce qui se passait, à croire que j’avais sombré dans la folie. Comment avais-je pu me réveiller dans ce taudis lugubre sans me souvenir de la manière dont on m’avait amené ici ? Où se trouvaient mes parents et mon petit ami ?
    
    J’avais en tête plusieurs scénarios plus lugubres les uns que les autres, le genre à me donner de désagréables frissons dans le bas du ventre. Je réprimai mon dégoût ; ce n’était pas le moment de flancher.
    
    Le cliquetis de la serrure s’activa soudain. Je reculai, prête à attraper la première arme à ma disposition. La porte s’ouvrit et une femme aux grosses lunettes rouges me dévisagea avec un sourire.
    
    — T’énerve pas, dit-elle. J’te veux pas d’mal, tu sais. Allez fais pas cette tête et suis-moi, tu dois mourir de faim !
    
    Stupéfaite, je restai immobile avant d’entendre mon ventre gargouiller. J’avais l’impression de ne pas avoir avalé de nourriture depuis des jours. La femme me fit signe de la suivre et disparut. Je poussai un juron et me résolus à la suivre, non sans reluquer ma prison à la recherche d’une arme. Je compris soudain que ma robe était en partie déchirée et qu’elle laissait entrevoir une bonne partie de ma poitrine.
    
    Dans quel merdier tu t’es encore fourré, Virginie ?
    

    Qui m’avait déchiré mes vêtements ? Et si… et si…
    
    Une petite voix m’ordonna de chasser la pensée qui venait de naître dans mon esprit. Je ne pouvais avoir été agressée ou… pire encore. Je refusais d’y croire.
    
    Je montai des escaliers pour arriver dans une cuisine. Les fenêtres étaient masquées par d’épais rideaux, sans doute pour atténuer l’étouffante chaleur installée dans la pièce.
    
    — T’aimes le pain perdu ? demanda la femme.
    
    Face à mon air grincheux, elle soupira :
    
    — S’cuse l’inconfort et le bazar, mais fait tellement chaud ici que j’ai préféré t’mettre au sous-sol. Au fait, j’m’appelle Béatrice. Et toi ?
    
    — Qu’est-ce que je fiche ici ?
    
    Alors qu’elle s’apprêtait à me répondre, un bruit siffla dans mes oreilles, comme un wagon lâché à pleine vitesse sur des rails. Béatrice ne s’en formalisa pas, sortit une assiette et y déposa le pain perdu trop grillé.
    
    — Répondez-moi ! ordonnai-je. Qu’est-ce que je fiche ici ?
    
    — J’t’ai r’cueillie chez moi, expliqua Béatrice. T’étais dans un sale état quand j’t’ai trouvé, ah ça oui !
    
    — Dans un sale état ? Que… que voulez-vous dire ?
    
    Je ne pus avaler le moindre morceau de son pain perdu. La possibilité d’avoir été agressée, la vue de la moisissure et cette pesante chaleur me donnaient envie de vomir. Je me souvenais seulement d’avoir envoyé mon copain balader, puis, plus rien. Il avait donc pu se passer beaucoup de choses pendant ce laps de temps.
    Mon sang se glaça soudain et je réprimai l’envie de fondre en larmes.
    
    — Bah t’as vu ta dégaine ? ricana-t-elle. Au départ j’t’ai prise pour l’une des filles de joie avec qui mon mec passe son temps à baiser. Mais t’es trop fragile pour être l’une des leurs, alors j’t’ai hébergée avant qu’les maquereaux n’s’emparent de toi.
    
    — Est-ce… est-ce que l’on m’a… ?
    
    — Mais non ! me rassura-t-elle. Au pire des cas, on a dû te dérober ton portefeuille, mais aucun gars a posé la main sur toi. J’te l’promets.
    
    Je m’efforçai de la croire, même si je ne me sentais pas rassurée pour autant.— Où sommes-nous ? À Paris ?
    Elle éclata de rire comme si je venais de lui raconter une absurdité.
    
    — Paris ? répéta-t-elle. T’es pas sérieuse j’espère ?
    
    — Si, je le suis.
    
    — T’es vraiment à l’ouest, toi. T’es à tout ici sauf à Paris !
    
    — Arrêtez de vous moquer de moi ! Vous me traitez de pute, vous vous moquez de moi mais je ne sais même pas pourquoi je suis ici !
    
    — T’étais évanouie dans une ruelle malfamée, le genre où vaut mieux pas traîner si tu vois c’que j’veux dire. T’avais l’air d’avoir reçu un sacré coup sur la gueule ! Normal que je te prenne pour…
    
    — Ça va, ça va ! Arrêtez vos remarques stupides, vous vous enfoncez là. J’ai besoin de votre aide pour comprendre comment j’ai atterri ici. C’est trop vous demander ?
    
    Béatrice m’invita à terminer mon assiette en guise de réponse. Je la repoussai dans un mélange de frustration et d’agacement. N’y tenant plus, je me levai et me dirigeai vers ce qui semblait être la porte d’entrée. Mon crâne était rongé par la migraine et l’idée de me promener avec des vêtements déchirés ne m’enchantait guère, mais je n’avais pas l’intention de rester un instant de plus ici. Je voulais rentrer chez moi, enfiler des vêtements décents et recouvrer la mémoire.
    
    Béatrice m’empoigna fermement.
    
    — Tu comptes pas sortir j’espère ? C’est trop dangereux !
    
    Face à mes protestations, elle précisa :
    
     — T’es pas à Paris ici, p’tite. T’es même pas en France, ni dans aucun autre pays d’ailleurs.
    
    — Où est-on alors ? crachai-je.
    
    — Bah justement… on est nulle part, p’tite.
    

Texte publié par Elia, 5 mai 2018 à 11h39
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