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Tome 1, Chapitre 6 Tome 1, Chapitre 6
La journée s'écoule, monotone. Ophélien profite d'avoir du réseau pour envoyer un message à ses parents et à sa meilleure amie afin de les rassurer, il n'ose pas leur parler des blagues dont il est victime. Puis il attend qu'un client se présente à l'accueil. Pour s'occuper, il nettoie le bureau et il met de l'ordre dans les papiers qui traînent un peu partout.
    - Il est midi!
    - Je sais. dit le jeune garçon en se retournant vers son employeur.
    Mais il ne voit personne. Perplexe, il déambule dans la réception à la recherche du farceur mais il est seul dans le hall sombre. Il regarde si personne ne se trouve dans le local derrière lui mais il ne remarque personne. Soudain apeuré, le jeune réceptionniste retourne à son poste. Monsieur Sutingocni arrive alors pour le remplacer durant sa pause déjeuner. Troublé, le jeune homme s'éclipse sans lui parler de l'incident. Peut-être que son employeur lui a fait une blague d'un goût douteux  ?
    
     Fatigué par ses nuits difficiles, Ophélien se sert au buffet et grignote des tartines de rillettes en se remémorant les événements étranges de ces derniers jours. Il regarde avec envie les délices proposés mais il sait qu'il ne pourra rien avaler de plus ce midi. Il connaît sa gourmandise habituelle et il emporte des gâteaux secs et un petit paquet de chips avec un sandwich au roquefort confectionné à la hâte, le fromage lui semble suffisamment sec pour tenir s'il a faim dans l'après-midi. Pour apaiser sa conscience, il prend une pomme avant de quitter la pièce. Lorsqu'il revient prendre son poste, il remarque que le gérant semble parler à voix basse à un visiteur invisible. Interdit, le jeune garçon hésite à avancer et il l'observe discrètement mais son supérieur le remarque alors et lui sourit. Il adresse un signe de tête à son interlocuteur invisible et il se tourne vers l'adolescent.
    - Vous avez déjà mangé  ? Il vous reste encore trois quart d'heure de pause.
    - Merci, mais ça ira.
    - Vous êtes sûr  ? Vous perdrez ces trois quart d'heure...
    - C'est gentil mais ça ira...
    - Allez donc vous promener dehors, il fait beau.
    - Mais...
    - Allez-y, Ophélien, cela vous fera du bien.
    - Ok.
    Les mains dans les poches, après avoir rangé ses provisions derrière le comptoir, l'adolescent quitte le bâtiment. D'humeur sombre, il se demande ce qu'il peut faire en attendant alors qu'il pourrait être tranquillement assis à l'accueil en train de lire ou de dessiner sur son carnet. Il se demande ce qu'il a le temps de faire en quarante minutes.
    - Pas grand chose  ! se murmure-t'il pour lui-même.
    D'un pas décidé, il remonte dans sa chambre en courant et il lit des bandes dessinées durant une demie-heure avant de redescendre. Au regard que son employeur lui lance, il devine qu'il est comme ses parents, il pense qu'il aurait mieux fait de profiter du soleil.
    - Avez-vous fait connaissance avec nos voisins  ? demande l'homme avec un sourire aimable.
    L'adolescent ne sait que répondre, il hésite une seconde avant d'acquiescer. Si c'est une blague, il saura répondre et s'il parle de vrais voisins qu'il ne connaît pas, ce n'est pas très grave tant qu'il ne lui pose pas de questions précises. Comme il n'y a rien autour de l'hôtel si ce n' est de la lande, il suppose qu'ils vivent loin de l'hôtel.
    - Oui avec quelques-uns d'entre eux.
    - Bien, soyez aimable avec eux. Leur seul point faible est qu'ils détestent être ignorés. Mais nous savons tous deux qu'ici, cela ne risque pas d'arriver. ajoute-t'il avec un clin d'oeil complice. Ils m'ont dit qu'ils vous trouvent divertissant. A tout à l'heure.
    Ophélien le regarde s'éloigner, perplexe; il reprend sa place et attend que la journée finisse de s'écouler. A plusieurs reprises, il se rend aux fenêtres à la recherche de ces mystérieux voisins mais l'hôtel se trouve dans une lande isolée et il a beau observer les alentours, il ne voit pas de qui son employeur parle. Il finit par cesser de chercher la réponse avec un haussement d'épaules. Dans l'après-midi pour s'occuper plus que par réelle envie, il grignote ses provisions caché derrière le comptoir. L'adolescent songe que s'il avait une passion créative, il pourrait toujours passer son temps à dessiner ou écrire pour s'occuper mais il préfère les jeux vidéo et s'il lui arrive de dessiner ou d'écrire, il s'agit plus de griffonner.
    Le soir venu, alors qu'il sort de la douche, il sent un souffle froid dans son cou. Par réflexe, il se retourne et un baiser froid se dépose sur sa joue. Ruisselant, il quitte la pièce en hurlant. Après avoir trouvé une serviette propre dans l'armoire et s'être séché à la hâte, il se décide à retourner dans la petite salle de bain qui est bien évidemment vide. Pour se rassurer, il inspecte la pièce sans succès.
    - D'accord, je deviens fou. Je vais consulter un psychiatre à mon retour mais d'ici là, je ne dois pas sombrer. Ce n'est que le stress et le fait de vivre dans cette bâtisse sombre loin de tes parents et de mes amis, n'est-ce pas, Ophélien? Ça ne s'arrange pas, mon vieux, voilà que tu parles tout seul devant le miroir à peine vêtu d'une serviette. Je crois que le patron déteint sur moi, il est fou à lier mais il n'est pas dangereux.
    
    Extrait du journal intime d'Ophélien  :
    Le patron est fou, il parle tout seul. Est-ce lui qui me fait des blagues sans en garder le moindre souvenir  ? Cet endroit n'a rien de normal. Tout à l'heure, j'ai fait mine de comprendre de quoi il parlait. Le patron est toujours aimable, poli, limite trop protecteur avec moi, je me demande si ce n'est pas pour masquer ses véritables intentions. Mais à qui en parler  ? A part ça, je m'ennuie. Pourquoi paie-t'il une personne à temps plein à l'accueil  ? Je suppose que c'est pour faire bien devant les clients mais quand même.
    
    En haussant les épaules, le jeune homme quitte la pièce et il se décide à sortir se promener pour se changer les idées.
    
     Son baladeur sur les oreilles, Ophélien se calme peu à peu. Le vent du large lui fouette le visage et l'apaise. Il marche longuement sur la plage presque déserte, pieds nus dans le sable froid dont le contact le détend. Il revient à l'hôtel à la nuit tombée, un peu calmé. Il passe par la porte de service et il se fige au bout de quelques pas. Il fait un froid glacial alors qu'il fait très chaud dehors puis le bois se met à craquer et il lui semble entendre des bruits de pas devant lui. Sans réfléchir, il se met à courir pour s'enfermer dans sa chambre. Roulé en boule sous sa couverture, il réfléchit et il parvient à la conclusion que soit il devient fou, soit l'hôtel est hanté. Tenaillé par la peur, il ne peut résister, il doit savoir. Avec précaution, il ouvre la porte mais tout semble calme. Il prend son courage à deux mains pour en avoir le cœur et il descend l'escalier marche après marche, guettant le moindre bruit ou le moindre mouvement, mais tout demeure calme. L’adolescent va chercher une brochure sur le comptoir de l’accueil pour s’assurer qu’on ne lui cache rien. Mais il n’en trouve aucune, il n’a jamais vraiment prêté attention aux brochures mais il trouve ce fait étrange. Il feuillette rapidement le livre d’or où les clients laissent des mots à l’attention du gérant, il trouve des mentions étranges  :  «  Le frisson était au rendez-vous  !  » «  Merci pour cette mauvaise nuit  !  » mais elles sont rares. Il lit surtout des mots relatifs à la qualité de l’accueil et à la publicité qui ne trompe pas sur la marchandise.
    - Ophélien  !
    Le jeune garçon se retourne en entendant son nom ainsi chuchoté, mais il ne voit rien derrière lui. Il regarde l'horloge ancienne et il se rend compte qu'il est plus de minuit. Affolé, il s'empresse d'aller se coucher, il se lève tôt le lendemain matin. Il remonte les marches en essayant de faire le moins de bruit possible mais elles craquent. Il croit entendre un grincement derrière lui et il commence à avoir peur.
    - Du calme, mon vieux. L'hôtel possède trois étages et ta chambre est au grenier donc tu n'as que quatre étages à grimper pour rejoindre ta chambre. Tout va bien se passer, il n'y a rien du tout, compris  ? Tu as pu descendre, tu peux remonter. tente-t'il de se rassurer.
    Pieds nus, il monte les marches aussi vite qu'il le peut en allumant la lumière à chaque étage et au bout de ce qui lui semble d'interminables minutes, Ophélien a enfin rejoint sa chambre où il s'enferme.
    - Tu deviens vraiment dingue, mon vieux. Cet hôtel n'est pas hanté, les fantômes n'existent pas, ton imagination débordante te joue des tours, c'est tout. a-t'il le temps de songer avant que la fatigue ne l'envoie dans les bras de Morphée.
    
     Le lendemain matin, l'adolescent a du mal à se lever mais il parvient à ne pas être trop en retard. Durant la journée, il ressent à plusieurs reprises des variations de température. Il fait très chaud ce jour-là mais par moments, il ressent un courant d'air froid. Il se dit que c'est la fatigue qui le rend frileux mais cela lui déplaît fortement. En fin d'après-midi, il décide de faire une lessive. Alors qu'il la met à sécher, il remarque que la moitié de ses chaussettes a disparu. Dépité, il met son linge à sécher dans sa chambre en attendant de les retrouver ou d'avoir la possibilité d'en racheter.
    Le soir venu, son employeur distribue les pourboires à l'équipe, Ophélien est toujours étonné de l'importance des pourboires laissés dans ce vieil hôtel miteux perdu au milieu de nulle part.
    Ce soir-là, en rentrant dans sa chambre, l'adolescent frissonne, un courant d'air froid le prend dans l'entrée mais lorsqu'il entre dans la pièce, il ne le ressent plus. Intrigué, il cherche l'origine du courant d'air mais il ne remarque rien de particulier lorsqu'il se remet là où il était une seconde plus tôt.
    - Encore ces changements de température  ! J'avais oublié que cette vieille maison est pleine de courants d'air. Je vais finir par tomber malade si cela continue ainsi  ! grogne l'adolescent.
    Sans chercher plus loin, il range son argent et il se couche. Il est en congé demain, il pourra dormir le matin.
    
    Le lendemain, Ophélien se réveille à onze heures, il prend sa douche au saut du lit, d'humeur joyeuse. Quand il en sort en chantonnant, l'adolescent ouvre la fenêtre pour aérer la pièce. De la poussière danse dans un rai de lumière et il remarque qu'elle se comporte de manière étrange. Intrigué, il observe plus attentivement la poussière en suspension qui s'agite. Elle a des mouvements brusques comme si quelqu'un agitait la main pour les chasser. L'adolescent cherche à comprendre ce qui se passe et durant quelques minutes, il observe le phénomène avant de hausser les épaules.
    - Je suis stupide, c'est certainement un courant d'air, voire plusieurs courants d'air qui se croisent. Je ne dois pas avoir peur, c'est une vieille maison pleine de trous qui impressionne visiblement mon imagination .
    Avant d'aller prendre son petit-déjeuner, Ophélien range ses habits qui sont secs. Avec soulagement, il remarque qu'aucune chaussette n'a finalement disparu. Il se dit qu'il a dû se tromper. Son regard tombe sur le calendrier, il se rend compte que cela fait trois semaines qu'il a commencé son emploi.
    - Plus qu'une semaine avant la paie  ! songe-t'il en descendant l'escalier en courant, heureux à cette idée. Il estime l'avoir bien méritée.
    Devant son petit-déjeuner, il se demande ce qu'il va faire de sa journée.
    - Quitter cette maison de fous  ! Mais à part ça  ?
    Il remonte dans sa chambre se faire un sac pour la journée. Peu importe où il ira tant qu'il se trouve loin de l'hôtel. En passant à la réception, comme à son habitude, monsieur Sutingocni lui donne une enveloppe contenant ses pourboires. Avec un sourire crispé, l'adolescent le remercie et il s'empresse de quitter les lieux. Avec la chair de poule, il observe la bâtisse. De l'extérieur en plein soleil, elle lui semble toujours impressionnante. Il se l'imagine dans le noir en plein mois de novembre et il se demande pourquoi l'hôtel reste ouvert toute l'année.
    - Tiens, il faudra que je lise les avis sur internet concernant l'hôtel si j'y pense. songe-t'il en regardant autour de lui en cherchant comment occuper sa journée.
    Pour se changer les idées, il décide de rejoindre la ville pour aller voir un film au cinéma. Il trouve aisément l'arrêt de car, il n'a qu'une demie-heure à attendre qu'il passe à observer le ciel et savourer le silence de cette journée estivale, le calme lui fait oublier sa résolution précédente. C'est avec un soupir de soulagement qu'il s'assied sur le fauteuil qu'il juge plutôt confortable. Il est seul et il regarde par la fenêtre en écoutant les vieilles chansons qui passent à la radio. Ophélien descend dans ce qui ressemble au centre-ville, un peu perdu, il regrette de ne pas avoir pensé à prendre un plan. La ville n'est pas très grande, aussi il décide de marcher un peu au hasard. Au bout d'une heure, fatigué, il trouve un plan à un arrêt de bus où aller pour s'occuper. Il remarque qu'un cinéma se trouve non loin et il se dit que c'est un moyen comme un autre de passer le temps. Dans le hall décoré de dorures du cinéma à l'ancienne, il examine les affiches sans savoir quel film choisir, il décide de prendre un billet pour la première séance. Dans le noir avec des pop-corn devant un western, Ophélien se laisse gagner par la magie du film, même s'il préfère les films de science-fiction et d'extra-terrestres. Mal à l'aise dans la salle presque vide, il se fait la réflexion qu'il commence à avoir vraiment peur de son lieu de travail. Il tente de ne pas repenser à toutes les choses bizarres qui lui sont arrivées ces derniers temps mais ses pensées dérivent malgré lui vers tout ce qu'il a vécu.
    Durant tout le film, il se demande s'il doit en parler à son employeur. Mais que fera-t'il si ce n'est lui rire au nez parce qu'il a peur du noir et d'une vieille bâtisse grinçante  ? Il se laisse bercer par le western et à la fin du film, l'adolescent a pris sa décision.
    - Bonjour, je voudrais prendre rendez-vous le plus tôt possible...
    - Dans un mois  ?
    - Pas avant  ?
    - L'agenda du docteur Stern est plein, c'est le seul psychiatre de l'île, vous comprenez  ?
    - C'est que c'est un peu urgent  ?
    - Vous avez des tendances suicidaires.
    - Euh, non, je vois des choses étranges.
    - Ne vous inquiétez pas, ces symptômes sont plus fréquent que ce que la majorité des gens pense. Vous voulez prendre rendez-vous pour le mois prochain?
    - Non, ça ira. Tant pis. Merci quand même. Au revoir.
    - Au revoir. dit le secrétaire en raccrochant.
    
    Ophélien réfléchit, il ne peut pas attendre un mois, il doit trouver des réponses. Il cherche un cybercafé où il fait quelques recherches sur internet. Au fond, d'après le peu qu'il en sait un psychiatre aide les gens à voir les choses autrement. Dans l'urgence, il peut toujours tenter de le faire par lui-même le temps de rentrer chez ses parents.
    
    Extrait du journal intime d'Ophélien  :
    «  J 22 Recherches internet
    Hallucinations visuelles et auditives+ insomnies  :
    elles peuvent toucher des personnes tout à fait saines d'esprit
    Elles surviennent entre sommeil et veille.
    > Question  : si surviennent au milieu de la nuit  ?
    
    Peuvent s'accompagner de somnambulisme
    Causes probables  ??  : changement de rythme, stress, changement de lieu et d'habitudes.
    > décor de l'hôtel (manque de lumière, aspect fantomatique, bois qui travaille= grincements et craquements)
    
    Traitement  ? neuroleptiques, anxiolytiques, prise en charge psychologique
    > Ne pas t'inquiéter. Voir un psychiatre en rentrant. Trouver des somnifères et des antistress en attendant. Chaque fois que quelque chose de bizarre se passe  : te répéter en boucle que c'est ton imagination qui fait n'importe quoi. Profite de tes jours de congés pour te vider la tête. T'occuper le soir pour te changer les idées.  »
    
    Perplexe, il fait le tour de la ville pour faire les boutiques et s'occuper mais il s'ennuie rapidement. Il hésite un instant à revenir à l'hôtel mais il se souvient que son maillot de bain et sa serviette sont dans son sac. Il rejoint la plage et il s'endort au soleil, heureux de cette bienfaisante caresse. Lorsqu'il se réveille, le jour descend et il commence à avoir faim, il est temps de manger, aussi il se décide à rentrer à l'hôtel car il ne sait que faire. Il mange rapidement dans la cuisine déserte et il remonte dans sa chambre pour la ranger un peu car il n'a pas fait grand chose depuis son arrivée, il le reconnaît. Plier ses vêtements l'apaise, il s'accoude à la fenêtre pour regarder le soleil couchant. Même si cette île est un peu déserte, il admet qu'elle est plutôt jolie mais pas au point d'y passer ses vacances ou d'y vivre. Le soir venu, il tente de s'occuper comme il l'a noté sur son cahier mais il tourne en rond, il ne sait pas quoi faire. Habitué à jouer à des jeux vidéos jusqu'à une heure tardive, il a du mal à trouver à s'occuper. Lire ne lui dit rien, aussi, il griffonne rapidement sur son carnet divers extraterrestres et leurs vaisseaux tous aussi fantaisistes les uns que les autres. Satisfait de ses gribouillages, il s'endort, apaisé.
    
    Le lendemain, Ophélien se réveille après une mauvaise nuit, il a eu chaud toute la nuit et il ne s'est pas reposé autant qu'il en aurait eu besoin. A son poste de travail, il attend que des clients viennent le voir. Fatigué, il regrette de devoir rester fidèle au poste pour rien. Le manque de lumière et d'air l'oppresse un peu mais il tente de se plonger dans son livre pour ne pas y songer. Le temps passe et il s'ennuie de plus en plus. Une cliente vient le voir pour lui demander un annuaire qu'il met dix minutes à trouver un peu confus. Plus tard, dans le bureau de monsieur Sutingocni, il entend des portes couiner et claquer en permanence. Ses nerfs déjà à vif sont mis à rude épreuve mais peut-il aller dire à son employeur de cesser de jouer avec les portes  ? Il va aux toilettes pour bouger et réfléchir plus posément; le silence et le calme de la petite pièce lui font du bien. Lorsqu'il revient, le bruit a cessé et il entend le gérant de l'hôtel parler avec un client dans le hall. Lorsqu'il le rejoint, son employeur est seul, il suppose qu'il n'a pas entendu le client ouvrir la porte ou partir vers le salon.
    - Bonjour, vous allez bien  ? demande son employeur avec un sourire.
    - Oui.
    - Vous avez bien profité de votre jour de congé  ?
    - Oui, je suis allé en ville.
    - Il ne doit pas y avoir grand chose à faire pour un jeune garçon de votre âge. dit-il avec un nouveau sourire.
    - Pas vraiment. dit Ophélien, les mains dans les poches. Il n'y a pas grand monde aujourd'hui, est-ce que je peux aller chercher un magazine pour m'occuper, j'en ai pour deux minutes  ?
    L'homme le regarde comme s'il avait la tête ailleurs.
    - Bien sûr, allez-y. dit-il d'une voix détachée.
    Ophélien monte les escaliers quatre à quatre. Lorsqu'il rejoint sa chambre, il remarque qu'elle est en pagaille mais il estime ne pas avoir le temps de la ranger et il prend de quoi s'occuper avant de redescendre les escaliers quatre à quatre.
    - Hum, je crois que quelqu'un est entré dans ma chambre et y a mis la pagaille. dit-il d'un ton hésitant.
    - Comment  ? Qui a fait ça  ? dit monsieur Sutingocni en devenant rouge de colère.
    Il rejoint rapidement l'étage. Après avoir sermonné les responsables, il croise un couple de clients qui lui parle longuement du merveilleux séjour qu'ils passent dans son établissement. Lorsqu'il redescend trois quart d'heure plus tard, il a oublié pourquoi il est monté à l'étage. Ophélien n'ose pas le questionner plus longuement. A midi, inquiet, il monte dans sa chambre où tout EST en ordre à son grand soulagement. Il note qu'on ne lui a rien volé et il se rassure.
    
     Cette nuit-là, Ophélien entend à plusieurs reprises la porte de la salle de bain couiner. Il a allumé la lumière plusieurs fois mais la pièce est vide et la porte n'est jamais à la même place.
    - Tu délires, mon vieux  ! Ce n'est que ton imagination  ! Ce n'est pas possible, une porte ne peut pas bouger sauf avec un fort courant d'air.
    Il songe à trouver un stratagème pour en avoir le cœur net comme coller un scotch sous la porte pour marquer sa position mais il n'a pas ce qu'il faut, il n'est pas certain que le phénomène se reproduise et au fond, il n'a pas envie de savoir ce qu'il en est réellement car la réponse quelle qu'elle soit le terrifie. Enroulé dans sa couverture, il tente de se boucher les oreilles avec le tissu et il finit par s'endormir de fatigue.
    
    Au matin, il ouvre un œil en se souvenant qu'il est de nouveau en congé. Epuisé, il sent qu'il ne va pas en profiter beaucoup. Lorsqu'il regarde le réveil, il voit qu'il est encore tôt et il cherche à se rendormir sans succès. Dépité, il finit par se lever un peu bougon en songeant à ses heures de sommeil perdues.
    
    Extrait du journal intime d'Ophélien
    «  J 24
    Il se passe des choses bizarres, je ne sais pas si c'est la réalité ou mon imagination. J'ai besoin de ce travail et je ne peux pas rentrer, mes parents seraient terriblement déçus et ils me diraient de rester fort et de régler cela comme un homme. Comment leur faire comprendre que j'ai l'impression de perdre pied jour après jour? Je commence à douter que ce ne soit que mon cerveau qui me joue des tours mais même si je cherche à en avoir le cœur net, rien ne me dit que je ne trouve pas toujours une explication logique comme je l'ai fait jusqu'ici. Dans le cas contraire, ce serait encore plus terrifiant.  »
    
    Epuisé après cette nuit, Ophélien frissonne. A moitié éveillé entre ses draps, l'adolescent sent que l'atmosphère se refroidit, il ne sait plus s'il dort ou s'il est éveillé. Il a froid et une silhouette se penche sur lui. Incapable de bouger, il ne peut que la voir l'observer durant de longues minutes. Enfin, il parvient à allumer la lumière, secoué de frissons.
    
    Quelques heures plus tard, il se réveille épuisé, il ne se souvient pas très bien de ce qui l'a tenu ainsi éveillé. Il parcourt l'île pour profiter du beau temps et de ses vacances. Puis, il rejoint un bourg pour acheter de quoi se faire un pique-nique et il laisse le grand air le purifier de ses peurs. Toute la journée, il parcourt l'île, lui qui d'ordinaire déteste se promener avec ses parents se rend compte qu'on peut prendre plaisir à marcher au grand air. Dans les petits chemins qui parcourent l'île, l'adolescent sourit en croisant des lapins et quelques renards qui filent toute allure à son approche.

Texte publié par Bleuenn ar moana, 10 août 2017 à 13h56
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