LC logo
Découvrir     Romans & nouvelles     Fanfictions     Poèmes     Blog     Forums
Connexion
Bienvenue visiteur !
Se connecter ou S'inscrire
Pourquoi vous inscrire ?
«
»
Tome 1, Chapitre 4 Tome 1, Chapitre 4
Les pétales de fleurs s’envolèrent dans un tourbillon. L’odeur de rose mêlée à celle de l’herbe fraîche grisait la jeune femme. Les mains d’Azaël glissant le long de son dos éveillaient les sens de la fille du Levant. Elle avait besoin de reprendre son souffle, mais ne désirait pas abandonner les lèvres de l’ancien démon. D’un geste vif, il la serra encore un peu plus contre lui. Il cessa un instant de l’embrasser, essoufflé lui aussi. Il la fixait ardemment. Des flammes léchaient les pupilles du jeune homme montrant son ancienne nature. Léhael déglutit puis sourit avant de fermer les yeux. Elle déploya ses ailes et décolla dans une spirale presque parfaite.
    Elle souleva les paupières lorsqu’elle fut pleinement remplie du sentiment de liberté que lui procuraient ses nouveaux appendices. Baissant le regard, elle chercha le premier Archange. À sa grande surprise, le fils de Lucifer était toujours à côté du pommier. Autour de lui la vie se propageait dans les jardins d’Eden. Elle observait les couleurs printanières s’installer à perte de vue. Elle dessina des arabesques gracieuses avec ses mains et le Levant se mit à souffler doucement. Le vent léger emporta dans un sifflement de nombreuses fleurs et graines et les transporta au loin à la limite du septième ciel.
    
    Tandis qu’elle s’occupait à colporter la vie dans les jardins d’Eden, elle vit une raie noire traversait le ciel. Ce dernier s’assombrit légèrement, annonçant qu’une grosse averse ne tarderait pas à éclater. Le Premier Archange apparut comme par magie aux côtés de Léhael. Il ouvrit en grand ses ailes. Le peu de lumière en provenance du soleil pâle disparut. Soudain, il fit presque nuit. Azaël sourit.
    
    « Il me semble, mon ange, qu’il faut toujours un peu de pluie pour que les cultures prospèrent. »
    La quatrième enfant de Gabriel rougit. Elle n’osait plus regarder l’ancien démon, terrorisée à l’idée qu’il lise une fois de plus ses pensées.
    « Mon ange… Je n’ai pas besoin que tu me regardes pour écouter tes secrets les mieux gardés. Mais j’attendrais que tu m’y autorises avant de m’immiscer dans ton intimité .
    — Il va falloir se mettre à l’abri, réussit simplement à articuler Léhael.
    — Humm… Que penses-tu de mon idée “d’arrosage” ?
    — Elle est excellente, Monseigneur.
    — Appelle-moi Azaël.
    — Je… Cela n’est pas possible. L’Unique…
    — Sais-tu qu’en temps qu’Archanges, nous sommes constamment sous le regard de Dieu.
    — Comme nous tous…
    — Oui… et non. Vous gardez votre libre arbitre, pas nous. Si nos actions ne correspondent pas à son dessein…
    — Que se passerait-il ? demanda la jeune femme, fascinée.
    — Nous serions pétrifiés ainsi, nous ne pourrions plus utiliser notre immense puissance à de néfastes desseins.
    — Je suppose qu’il s’agit d’une mesure divine pour éviter de reproduire l’incident…
    — Celui avec Satan. En effet, mon ange, tu as raison. Mais comprends-tu pourquoi je te livre un de mes secrets ?
    — Pas vraiment, mentit Léhael.
    — Je sais que tu mens, rit l’ancien démon. Si tu ne me dis pas la vérité, tu finiras toute mouillée.
    — Je pensais pourtant que mon père t’avait prévenu… je suis têtue. »
    
    Toujours au milieu du ciel, la jeune femme croisa les bras, bien décidée à ne pas bouger. Le Premier Archange éclata d’un rire franc qui se transforma en tonnerre. La première goutte s’écrasa sur le front de Léhael. Puis de nombreuses autres la transpercèrent jusqu’aux os. Azaël prit la même position que la fille du Levant et imita même son air boudeur. La jeune femme ne put s’empêcher de sourire. Elle allait devoir rentrer ; elle était transie de froid.
    
    « J’ai l’impression, mon ange, qu’il est l’heure de me dire la vérité.
    — La vérité à quel sujet ?
    — Quelle est donc cette honteuse pensée qui t’a éloignée de moi tandis que nous étions heureux ? Je voulais reprendre mon souffle, sûrement pas cesser de t’embrasser. Et encore moins te laisser t’éloigner, ne serait-ce qu’un instant de moi.
    — Je ne pourrais jamais dire à voix haute l’idée qui m’a traversé l’esprit tandis que vos… tes mains caressaient la courbe de mes reins.
    — Bien… Je crois que je peux faire une exception si tu me le demandes.
    — Azaël, mon cher démon… mes pensées sont tiennes. »
    
    À ses mots, l’Archange battit des ailes puis prit la main de la jeune femme l’emmenant à sa suite vers le Paradis, le château du septième ciel. Dès qu’ils furent à l’abri, leurs corps enlacés… il l’embrassa. Le souhait de Léhael était que leur baiser soit sans fin. Ils durent cependant cesser un instant leur étreinte afin de se nourrir. Cependant, la faim qui se consumait dans les yeux d’Azaël indiquait un appel différent de celui de la jeune fille.
    
    « Azaël, quelle est donc cette envie qui te ronge les sangs ?
    — Mon désir est charnel et n’a pas de place en ces lieux.
    — Est-ce là un reliquat de ton ancienne nature ?
    — En effet, mais je crois que cela tient surtout de l’Amour que je te porte. Il me tente à vouloir devenir un autre.
    — Attends-tu par là que tu sois prêt à croquer le fruit défendu ?
    — Oui, mon ange.
    — Mais ne sais-tu pas quelle serait ta damnation ?
    — Je connais les conséquences mieux que personnes, n’oublie pas que c’est mon père qui a créé la tentation. Je suis prêt à ce que tu ne me reconnaisses jamais, à vivre une vie solitaire de mortel… pour simplement espérer être un jour aimé de toi.
    — Si je mordais dans une pomme, l’Unique m’offrirait une vie merveilleuse au milieu des humains. Je le sais, car bon nombre d’anges de ma connaissance en ont eu assez de l’éternité. Ils ont choisi de vivre pleinement avant que Dieu ne les rappelle à lui.
    — Léhael, mon ange. Je mordrais dans une pomme et risquerais tous les enfers pour une minute de mortel à tes côtés. Si un jour tu es prête à sacrifier ta vie d’ailée pour connaître cette sensation que seuls les humains connaissent et que l’on appelle l’Amour vrai… je t’attendrais.
    — Que veux-tu dire ?
    — Tu n’auras qu’à venir me voir avec un fruit, et je saurais quelle est ta décision. Sinon au printemps prochain, je demanderai à Dieu à retourner pour toujours au neuvième enfer, là où ma souffrance me fera oublier ta présence.
    — Premier Archange, l’Unique ne veut peut-être pas que tu redeviennes un démon.
    — Peut-être, mais il ne voudrait pas que je souffre inutilement. Ici, ma peine ravagerait les jardins d’Eden. Au neuvième enfer… elle ferait des merveilles.
    — Une vie d’humain… Il paraît que cela est si bien… »
    
    Léahel se mit à rêver d’une existence où chaque prise de risque, chaque décision peut être la dernière. Elle pensa au goût que les louanges des chérubins disent si particulier lorsqu’ils chantent la vie. La fille du Levant se colla contre l’ancien démon, son démon. Elle ferma les yeux et essaya d’imaginer le bruit que ferait le cœur du jeune homme s’il devenait son amant. Elle sourit. La quatrième enfant de Gabriel, elle aussi, aurait un cœur si elle se laissait convaincre. Puis, lorsqu’elle pensa à un éventuel départ d’Azaël pour les enfers, sa gorge se serra. L’éternité était si lente, là où la vie ne tenait que dans un battement de cœur. Ainsi blottie, elle autorisa ses larmes couler doucement, n’ayant pour l’instant envie de rien qu’autre que de la présence de l’Archange.
    
    « Veux-tu connaître l’ironie de cette histoire, mon ange ? lui demanda-t-il soudainement.
    — Je t’écoute Azaël.
    — Nous rêvons de vivre réellement, même si cela correspond à un mouvement de nos ailes. Les humains désirent pour beaucoup être éternels au risque de finir en enfer, expliqua l’ancien démon.
    — Sommes-nous de mauvais anges pour vouloir fuir ainsi ? s’interrogea Léahel.
    À ces mots, une pomme apparut sur le guéridon à côté d’eux, imposant la question à laquelle ni l’un ni l’autre n’était prêt à répondre. Le cœur de l’ange se serra, car sans connaître son point de vue, Azael avait pris le fruit. Sans attendre sa réponse, il mordit dans le fruit après lui avoir demander :
    
    — Un baiser vaut-il l’éternité ? »

Texte publié par Isabelle , 10 août 2017 à 21h00
© tous droits réservés.
Commentaire & partage
Consulter les commentaires
Pour réagir â ce chapitre et poster une review, veuillez vous identifier ou vous inscrire !
«
»
Tome 1, Chapitre 4 Tome 1, Chapitre 4
LeConteur.fr Qui sommes-nous ? Nous contacter Statistiques
Découvrir
Romans & nouvelles
Fanfictions & oneshot
Poèmes
Foire aux questions
Présentation & Mentions légales
Conditions Générales d'Utilisation
Nous contacter
Espace professionnels
Un bug à signaler ?
784 histoires publiées
395 membres inscrits
Notre membre le plus récent est Idril Elenna Tinúviel
LeConteur.fr 2013-2017 Tous droits réservés