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Tome 1, Chapitre 22 « Conception » Tome 1, Chapitre 22
Cela faisait deux bonnes heures maintenant qu’Azuria était enfermée dans la salle de la forge. Depuis ce moment, la sphère qui lévitait au-dessus du grand bâtiment principal brillait de mille feux. Plus encore, les anneaux qui l’entouraient tournoyaient lentement autour d’elle. Eis se promenait seul dans les jardins, attendant que la Novark soit fabriquée. Il n’avait aucune idée du temps que cela prendrait, et Garos leur avait bien dit que c’était aléatoire.
    
    Il n’avait plus beaucoup de temps devant lui pour convaincre Azuria de rejoindre son camp. Allait-elle accepter ? C’était peu probable, et au fond de lui, il le savait. Il ne voulait cependant pas perdre espoir, la lutte contre l’Ordre se poursuivait, et il devait vaincre Ixelys rapidement. Malrim lui avait donné la chair de poule avec ces histoires de monde, et surtout avec les potentielles intentions cachées d’Ixelys.
    
    Les petites collines encerclant le bâtiment principal de Garos conduisirent le résistant à un petit abri jardin. Surmonté de 4 colonnes, le toit arrondi protégeait les passants de la pluie, pendant qu’ils s’asseyaient sur le banc afin d’admirer la vue. Niché sur le plus haut tertre, il permettait de voir l’horizon à perte de vue. Eden y était installé, tout en fixant les nuages parsemer le ciel bleu magnifique.
    
    « Je vous dérange ? demanda Eis.
    
    – Qu’est-ce que vous voulez ? » demanda-t-il froidement.
    
    Depuis leur arrivée, le résistant avait gardé un œil sur cette personne. Le fils de Garos détestait Azuria sans même la connaître, et il se méfiait d’eux. Plus encore, une certaine tension existait entre lui et son père. Eis était curieux de savoir ce qui pouvait bien se passer dans cette forge. Finalement, le résistant s’assit à côté d’Eden.
    
    « Pourquoi vous n’aimez pas Azuria ? »
    
    Eden soupira, puis ferma les yeux. Après quelque seconde, il lança un regard plein de remords à Eis.
    
    « Nous avons fait une grosse erreur avec mon père. Nous ne pouvons pas continuer à forger des Novarks à tous ceux qui se présentent ici…
    
    – Quelle erreur ? Pourquoi vous dites cela ?
    
    – Tu ne comprends pas. La machine dans laquelle se trouve votre amie lit les pensées. En ce moment, Azuria est en proie à toute une série d’illusions qui va lui faire combattre son passé et elle-même. »
    
    Eis le regardait, les yeux écarquillés. Jamais il n’aurait imaginé une telle façon de forger une arme.
    
    « Une fois que la machine à bien analysée la personne, elle se met à fabriquer la Novark. C’est pour cela que seuls ceux qui la manipulent peuvent utiliser leur pleine puissance. Cependant, une âme pleine de haine et de colère comme la sienne risque de créer une arme vraiment destructrice. Peut-être même la pire de toute… »
    
    Eis eut un frisson d’horreur en entendant les paroles de cet homme. Effectivement, si cela se passait exactement comme ça, Azuria allait avoir le droit à une arme terrifiante.
    
    « Mon père prend son rôle bien trop à cœur… Notre devoir est de forger une Novark pour toute personne entrant en ces lieux. Mais nous ne devrions pas faire ça. Certains ont le cœur bien trop ténébreux pour ça.
    
    – Je comprends… lui dit Eis.
    
    – Allez-vous vous en faire forger une ? Vous avez l’air d’un soldat vous aussi. Tout comme Clive.
    
    – Non, je n’en ai pas besoin. »
    
    Eden le jaugea un instant. Eis n’avait que faire de ces armes. Pour lui, elle n’était pas suffisamment puissante pour vaincre l’Ordre. Et puis, la Matérialisation qu’il possédait était bien plus forte. Le regard qu’Eden posait sur lui en disait long sur son savoir. En l’espace de quelques secondes, il avait jaugé la personne en face de lui. Il eut un sourire au coin des lèvres.
    
    « En effet, vous n’en avez pas besoin. J’espère que votre amie ne l’utilisera pas à des fins destructrices, comme lui… »
    
    Après ces paroles énigmatiques, Eden se leva. Il avait de nouveau cet air de remords sur le visage. Eis aurait voulu savoir de quoi il voulait parler, mais il préféra ne rien demander de plus. Eden s’éloigna, puis disparut derrière une colline pour laisser le résistant seul. Il se retourna pour admirer la sphère, brillante toujours d’un éclat doré tel un soleil. Azuria n’avait toujours pas terminé.
    
    
***

    
    Allongée depuis bien trop longtemps, Nel se sentait inutile à attendre que Garos finisse de la réparer. Étrangement, il avait un énorme savoir sur tout ce qui touchait à la technologie. Quoi de plus normal en voyant l’endroit où elle était. Des écrans holographiques un peu partout affichant des données, des machines et outils divers dont elle n’avait pas la moindre idée de leur utilité, elle avait l’impression de se trouver sur une autre planète. Garos s’était plongé dans la réparation de son bras afin de patienter et de rendre service. Il restaura les circuits endommagés, remplaça quelques pièces complètement détruites, puis enferma son bras dans une sorte de gros brassard métallique.
    
    « Qu’est-ce que c’est ? demanda Nel, angoissée en sentant le froid de l’objet enfermer son membre.
    
    – Cela va reconstituer votre peau. C’est toujours mieux que de voir le métal qui en sort. À moins que vous préfériez que je laisse comme ça ?
    
    – Non, allez-y. »
    
    Garos mit le petit brassard en route. Après plusieurs bips et une série de lumière s’allumer, Nel sentit une chaleur se répandre au niveau de sa blessure.
    
    « Voilà, ça va aller beaucoup mieux. Vous sentiez la douleur ?
    
    – Non, lui dit Nel avec honnêteté. Par contre, je sentais que mon bras répondait moins bien qu’avant…
    
    – Je vois. Ça devrait aller beaucoup mieux maintenant. Qu’est-ce que tu vas faire une fois qu’Azuria va sortir ? »
    
    Nel en avait un peu marre qu’on lui pose sans cesse cette question. Elle ne savait toujours pas quel serait son futur. Les paroles d’Azuria résonnaient dans sa tête : Ne t’inquiète pas, ce n’est pas important la raison pour laquelle ils t’ont créé. L’important, c’est de savoir ce que tu vas faire de ta vie.
    
    Mais qu’allait-elle faire ? D’un côté, elle voulait aider Azuria jusqu’au bout, d’un autre : rencontrer son créateur. Mais la peur de voir les agissements de l’Ordre, et ce qu’il pouvait encore cacher la poussaient à les fuir. Il fallait qu’elle se trouve un but dans sa vie, elle se savait, mais pour le moment, elle n’avait nulle part où aller à part de suivre Azuria.
    
    Elle soupira, triste de ne pas savoir quoi répondre à Garos.
    
    « Ne t’en fais pas, je comprends que cela ne soit pas facile de trouver sa voie. Mais si jamais tu es perdu, tu peux venir ici, tu es la bienvenue. Nous t’offrirons un logement, de quoi vivre, et en contrepartie tu travailleras à la forge. Qu’en dis-tu ? »
    
    Nel le regarda, abasourdie par une telle proposition. Encore personne ne lui avait proposé une telle chose. Sur le coup, elle ne savait pas quoi répondre. A nouveau, elle était partagée entre deux envies : le rejoindre et continuer d’aider Azuria.
    
    « Je ne sais pas… Je…
    
    – Attends, coupa Garos. Tu n’es pas obligée de me donner une réponse immédiatement. En plus, si je ne me trompe pas, tu as envie d’aider Azuria jusqu’au bout ? demanda-t-il avec le sourire.
    
    – Oui… dit-elle, gênée.
    
    – Alors soit, aide là. Mais une fois que tu auras fini, si jamais tu ne sais pas quoi faire. Viens ici, je te promets que l’on s’occupera bien de toi. »
    
    Nel était contente de voir qu’elle avait un potentiel futur. Cependant, elle ne put oublier la malédiction d’Azuria qui allait la tuer à la fin de cette année, et elle aimerait tout faire pour l’en empêcher. Si cela se produisait, elle n’aurait plus aucun ami en ce monde. Elle n’avait pas confiance en Eis, et Clive allait vite partir une fois qu’ils en auraient fini ici.
    
    « D’accord, je viendrais. »
    
    Garos était prêt à la prendre dans ses bras, heureux de voir qu’elle acceptait son invitation. Cependant, elle fit signe qu’elle avait autre chose à demander et prit un air sérieux.
    
    « J’aimerais que vous m’aidiez pour autre chose.
    
    – Quoi donc ? demanda-t-il avec surprise.
    
    – Azuria a fait un pacte avec le monde noir. Elle va mourir si on ne fait rien ! Connaissez-vous un moyen de défaire un pacte ? »
    
    Garos s’enfonça dans son fauteuil, sourcils froncés, puis réfléchit. Nel avait espoir qu’il en saurait un peu plus, et le temps qu’il prit pour parcourir ses connaissances lui sembla une éternité. Plus que jamais elle voulait défaire Azuria de cette malédiction. Sinon, elle ne la reverra jamais.
    
    « Je ne crois pas avoir entendu de tel miracle… Cependant, dit-il en lisant la déception sur le visage de Nel, Il y a un ancien temple, celui d’Eysfert, que vous devriez aller voir. Je sais que ce guerrier avait fait un pacte avec le monde blanc, mais jamais il n’y a été. Vous pourriez peut-être dénicher des informations là-bas. Il se trouve sur le chemin entre Astria et Ylwess.
    
    – Merci beaucoup ! répondit-elle d’une mine enjouée.
    
    – Mais tu sais, elle ne mourra pas en allant dans ce monde. Par contre, elle ne pourra plus jamais revenir ici. »
    
    En entendant cette information, Nel ne put s’empêcher de penser à ce qu’avait dit Malrim. Peut-être que Garos en savait bien plus au sujet de ces mondes.
    
    « Vous connaissez bien ces endroits ? Le monde blanc et le monde noir ?
    
    – Je connais certaines choses… Pourquoi ? Vous ne savez pas comment cela fonctionne ? s’étonna-t-il.
    
    – Non… Personne ne m’a jamais appris. Un sage à Felys nous en a vaguement parlé, mais Eis et Azuria en sont tombés des nues.
    
    – Que vous a-t-il dit ?
    
    – Que ces mondes furent créés par des magiciens très puissants, disparus aujourd’hui. Et qu’une guerre s’était déclenchée entre ces deux mondes, qui fut désastreuse pour cette planète. »
    
    Garos caressa sa barbe d’un air pensif.
    
    « C’est effectivement le cas, mais rien sur leur manière de fonctionner ?
    
    – Non… Ni comment ils ont été conçus.
    
    – Leur conception m’est encore inconnue. Le livre qui en parle est gardé enfermé à Arcadia, dans la base de l’Ordre de la lumière. Par contre je peux t’apprendre leur fonctionnement. Pour la petite histoire, sache que notre planète, Opilia, possède donc le monde noir et blanc. Chacun de ces deux endroits est dans une dimension inaccessible, qui flotte dans le néant. Il n’y a ni soleil ni terre où poser le pied. Tu n’y verra rien de ce qui se trouve sur Opilia, ou très peu…
    
    – Mais comment des gens vivent là-bas ?
    
    – Le plus simple serait dit aller, lui dit Garos en rigolant.
    
    – Je n’ai pas envie qu’Azuria y aille… »
    
    Le ton attristé de Nel effaça le sourire du forgeron. Le cyborg s’était beaucoup attaché à cette jeune femme. Il en était surpris de voir autant de sentiment pour un robot.
    
    « Ne t’en fais, tout ira bien pour elle. D’ailleurs, elle ne devrait pas tarder à sortir. Viens, allons faire un tour, ça va te faire du bien. »
    
    Nel acquiesça d’un hochement de tête, puis ils sortirent faire un tour dans les jardins.
    
    
***

    
    « Je ne vais pas tarder à rentrer Élie. Tout va bien au magasin ?
    
    – Ne t’inquiète pas frérot, je gère les affaires !
    
    – Ça ne m’étonne pas… » s’amusa Clive, rassuré.
    
    Sa sœur était très douée pour tenir la boutique. Au début, leur mère les avait aidés et puis finalement, Élie faisait tout toute seule. Le budget et les ventes n’avaient plus de secret pour elle. Cependant, elle était toujours inquiète lorsque Clive partait faire le guide pour le labyrinthe.
    
    « Comment va la jeune femme ? demanda-t-elle.
    
    – Azuria ? Elle est en train de se faire forger sa Novark.
    
    – Je vois… Tu en sais un peu plus sur elle ?
    
    – Tu t’y intéresses beaucoup dit donc, ricana Clive.
    
    – Tu as vu le regard qu’elle a ? »
    
    Clive resta silencieux. Évidemment qu’il avait remarqué. Des yeux pleins de haine et de rancœur, prête à tout pour réaliser sa mission.
    
    « Je sais oui. Que veux-tu que j’y fasse ?
    
    – Rien, mais… Elle va bien ?
    
    – Non pas vraiment. Elle a vécu un évènement terrible… Autant que ce qui nous ait arrivés. Je doute qu’elle s’en remette, même une fois qu’elle se sera vengée.
    
    – Venger ? C’est ce qu’elle compte faire ?
    
    – Oh oui. Et crois-moi, personne ne pourra l’en empêcher…
    
    – Fais attention à toi Clive…
    
    – Ne t’inquiète pas, je ne compte pas m’en mêler.
    
    – Tu es sûr ? » demanda-t-elle d’une petite voix.
    
    Clive fut surpris par la question, mais ne réussit pas à lui répondre. Enfin, pas immédiatement. Il réfléchit, laissant le vent faire virevolter sa queue de cheval. Il regardait d’un air absent les nuages qui s’étalaient à l’horizon, comme si cette simple question remettait en cause son assurance. Pourtant, il ne voulait plus se battre, plus jamais. Combattre était une chose, mais voir des proches mourir en était une autre. Mais une envie de vengeance était toujours là, surveillant le moindre signe de faiblesse pour envahir son esprit. Comme si le diable s’appuyait tous les jours sur son épaule, ricanant, attendant la moindre erreur de sa part.
    
    « Oui, je suis sûr, » répondit-il finalement.
    
    Sa sœur ne lui dit rien. Un blanc s’installa entre les deux interlocuteurs. En fait, Élie avait senti son hésitation à répondre. Clive espérait qu’elle ne revienne pas sur le sujet, afin de pouvoir se concentrer sur son retour.
    
    Lorsqu’il entendit des pas derrière lui, il jeta un coup d’œil pour voir qu’Eis était venu à sa rencontre.
    
    « Je te laisse Élie, Eis me rend visite.
    
    – D’accord. Fais attention à toi. Et appelle-moi en cas de changement. »
    
    Avant qu’il ne puisse répondre, Elie avait déjà raccroché. Sa sœur le connaissait par cœur, elle sentait déjà le signe de faiblesse qui s’était insinué dans son cœur.
    
    Il soupira, lassé de toute cette histoire. Il se tourna vers Eis, qui le soutenait du regard. Les deux hommes étaient face à face, sans se dire un mot, se jaugeant de la tête aux pieds. Clive savait ce que le résistant venait faire, et ça l’énervait déjà. Il était prêt à serrer les poings pour lui en coller une dès qu’il ouvrait la bouche. Tendu comme arc, il attendait ses premières paroles qui ne mirent pas longtemps à arriver.
    
    « C’était ta sœur ? demanda-t-il sur un ton faussement aimable.
    
    – Qu’est-ce que ça peut te faire ? tacla Clive. Qu’est-ce que tu me veux ? »
    
    Directe dans le droit du sujet. Il voulait pousser Eis à lui parler franchement, au lieu de tourner autour du pot de façon inutile. Plus vite il viderait son sac, plus vite Clive pourrait l’envoyer promener.
    
    « Tu vas repartir une fois qu’Azuria sera sortie ? demanda le résistant en s’efforçant de rester calme.
    
    – Tu réponds toujours par une question ou bien tu évites de répondre à la mienne ? »
    
    Clive n’avait pas envie de faire dans la demi-mesure. Même s’il savait qu’il pouvait être bien plus aimable que ça, il voulait mettre carte sur table immédiatement. S’il montrait le moindre signe de faiblesse, cet homme allait les utiliser à son avantage. Eis soupira, énervé par son comportement. Exactement l’effet recherché par Clive. Maintenant il allait se mettre à table et avouer.
    
    « Bon écoute, lui dit Eis avec plus de gravité dans la voix, je ne sais pas ce que tu as contre moi, et je m’en fous. J’aimerais que tu rejoignes la résistance. Avec tes capa…
    
    – Nous y voilà. Non merci, je ne suis pas intéressé. Maintenant, va-t’en, » l’interrompit Clive.
    
    Eis fut surpris d’être coupé aussi brutalement. La phrase l’avait fait tiquer, comme si son interlocuteur savait d’avance ce qu’il allait lui demander.
    
    « Pourquoi ? demanda Eis. Nous avons besoin d’homme comme toi Clive ! Tu possèdes une Novark et des talents de guerrier.
    
    – Écoute Eis, j’ai suffisamment perdu dans ce combat et je ne tiens pas à recommencer. Va faire ta guerre tout seul. De toute manière, tu n’as aucune chance.
    
    – Tu as vu la puissance d’Azuria ? s’enquit Eis. Avec l’arme que va lui forger Garos, elle va devenir invulnérable ! C’est le moment de frapper tous ensemble, avec toute la résistance ! »
    
    La discussion énervait déjà Clive. Il souffla intérieurement, tempérant la colère qui lui montait au nez. Et en plus de ça, ses vieux souvenirs douloureux refaisaient surface. Il voulait se battre contre Ixelys ? C’était de la pure folie… Son père était un guerrier très puissant avec une Novark qu’il maitrisait parfaitement, et il s’était fait balayer en l’espace d’une pauvre minute. Sans oublier Oltiir, qui avait froidement tué sa femme sans la moindre once de pitié. Clive ne voulait pas retenter un combat qu’il savait perdu d’avance…
    
    « Premièrement, Azuria ne te suivra pas. Deuxièmement, je ne veux pas perdre de nouveaux compagnons de combat. Je suis très bien avec ma sœur à Felys.
    
    – Et pourquoi Azuria ne changerait-elle pas d’avis ? demanda Eis, pensant qu’il gagnait la discussion.
    
    – Tu peux fermement y croire, Eis. Mais Azuria ne se battra pas pour toi ni pour qui que ce soit. Une fois qu’elle se sera vengée, elle se laissera emporter dans le monde noir.
    
    – Tu es bien au courant… lui dit Eis en plissant les yeux.
    
    – Elle m’a tout raconté. Maintenant, dégage. »
    
    Clive avait les larmes qui montaient. Ses souvenirs étaient trop douloureux à supporter. Il étouffa des sanglots, tout en évitant de se mettre à trembler sous l’effet de la tristesse. Il se tourna, face aux nuages, honte de montrer un tel visage au résistant.
    
    « Tu sais Clive, il y a beaucoup de gens comme toi. Beaucoup perde des proches… Il faut arrêter tout ça ! Bats-toi pour les autres enfin ! »
    
    Cette phrase mit le feu aux poudres. Tremblant de colère, Clive n’arriva pas à se retenir. Il se retourna vivement et frappa Eis au visage. Celui-ci n’avait même pas essayé d’éviter le coup et l’avait accepté sans broncher.
    
    « Tu ne comprends rien ! Nous avons tous perdu des êtres chers en combattant ! Tu as perdu quoi toi ? Dit moi ! »
    
    Eis se redressa, l’air abattu. Il ne pouvait pas répondre à cette question, car contrairement à lui, il n’avait pas vu de proche mourir.
    
    « Personne ! hurla Clive. Tu es là à faire ta morale de merde, sans avoir combattu et sans avoir perdu qui que ce soit. Tu ne sais pas ce que ça fait ! Azuria et moi le savons, c’est pour ça que nous ne voulons plus nous battre ! Quand tu auras fait des sacrifices, tu comprendras. Pour le moment, tu n’es qu’un gamin qui essaye de faire le chevalier blanc sauvant tout le monde. »
    
    Clive se tut. Il n’avait même pas remarqué les larmes qui coulaient le long de ses joues. Eis le regardait ave un regard de pitié, ce qui l’énervait encore plus.
    
    « J’ai perdu mon père et ma femme lors d’un combat contre Ixelys, lui raconta Clive. Si tu crois pouvoir le vaincre, vas-y, je te regarderais de Felys. »
    
    Toujours aucune réponse. Mais son regard n’avait toujours pas changé. Clive avait les bras qui tremblaient, les poings serrés prêts à frapper à nouveau.
    
    « Je ne te voyais pas aussi lâche. »
    
    La réponse aussi tranchante qu’une lame affutée, surprit Clive qui n’avait pas prévu un tel coup de sa part. Il en perdit tous ses moyens. Ses poings se relâchèrent ainsi que le reste de ses muscles tendus. Lui ? Un lâche ? Après tout ce qu’il avait fait ? Mais pourtant, il n’avait pas tort. Il voulait répliquer, cependant une chose familière se produisit. La sphère au-dessus de la forge se mit à briller vivement, presque aveuglante. Puis un flux d’énergie en sortit pour s’élancer vers le ciel tel un torrent. Eis regardait le phénomène avec surprise, puis se tourna vers Clive.
    
    « Qu’est-ce qui se passe ?
    
    – Azuria va sortir ! » répondit Clive avant de courir vers la forge.
    
    
***

    
    Nel était la première sur les lieux. Elle avait senti toute cette énergie se déverser dans les cieux. Garos était à côté d’elle, un sourire au coin des lèvres. Il devait être content d’avoir forgé une nouvelle arme. Cependant, Nel était inquiète pour son amie. Eden les rejoignit peu de temps après, arborant un visage presque terrifié. Avait-il peur de la puissance qui s’était dégagée de la sphère ? Le cyborg ne savait pas vraiment pourquoi ce phénomène avait eu lieu, mais elle s’en fichait. Azuria était tout ce qui lui importait.
    
    Clive et Eis arrivèrent deux minutes plus tard, essoufflés après leur course. Tout le monde attendait dans la salle du trône, devant la porte qui menait à la forge. Les battants basculèrent, laissant apparaître la jeune femme.
    
    Sur le coup, Nel prit peur. Azuria avait des cernes de plusieurs jours sous des yeux injectés de sang. Ses vêtements étaient totalement déchirés, en plus d’être complètement à bout de souffle. Et le plus remarquable était l’arme qu’elle portait. Un katana dont la lame noire émettait une lueur rougeâtre menaçante. La garde prenait forme de quatre triangles, laissant ensuite un pommeau où Nel put voir trois emplacements prévus pour des Prism. Garos paru surpris, comme s’il n’avait jamais rien vu de pareil. Avant même que quiconque ouvre la bouche, Azuria leur dit d’un ton grave plein de détermination :
    
    « Je suis prête là. »
    

Texte publié par Seiki, 12 août 2017 à 18h34
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